lundi 9 juin 2008

Esclavage: promu par et actuel dans l'islam, il a été aboli par les Européens


http://fr.novopress.info/?p=3829

Le malentendu actuel sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005 relatif à la reconnaissance des aspects positifs de la colonisation française vient de ce que la plupart des protestataires amalgament l’esclavage, la traite et la colonisation européenne de l’Afrique.

Les ancêtres des actuels Antillais n’ont pas été déportés par des Européens colonisateurs de l’Afrique, mais par des marchands européens qui venaient acheter une «marchandise» que produisait et vendait l’Afrique noire : l’esclave noir. La fourniture des quelque 12 millions d’esclaves de la traite atlantique a été une affaire afro-africaine. De longue date sillonné par les voyageurs musulmans, l’intérieur de l’Afrique est demeuré jusqu’au premier tiers du XIXe siècle inconnu aux Européens. Des négriers noirs se chargeaient de la capture des esclaves, de leur acheminement jusqu’à la côte et de leur vente. Les Etats exportateurs d’esclaves de la côte atlantique de l’Afrique noire considéraient ce trafic comme leur commerce naturel.

Les Européens n’ont pas inventé la traite des Noirs, qui existait déjà depuis des siècles à destination du monde musulman. En effet, l’islam, tout en invitant les maîtres à une plus grande bienveillance envers leurs esclaves, a entériné l’institution de l’esclavage. La religion musulmane autorise à posséder des esclaves.

Dès le haut Moyen Age, le monde musulman est devenu le grand importateur d’esclaves. Dans les premiers siècles de l’islam, de nombreux Blancs d’Asie et d’Europe sont déportés en terre musulmane. En particulier, des Slaves (d’où les termes «esclave», «ex-slave») sont massivement capturés dans des razzias et, au mépris des excommunications, vendus par les Vénitiens ou les Marseillais aux musulmans d’Egypte. Mais, parallèlement, la demande d’esclaves du monde arabo-musulman entraîne la mise en route de deux courants de traite en provenance d’Afrique noire. L’un, terrestre, conduit les esclaves du subcontinent noir au nord de l’Afrique à travers le Sahara (traite transsaharienne). L’autre, maritime, achemine les esclaves noirs des ports de la côte est de l’Afrique jusqu’au Moyen-Orient (traite orientale). Il semble qu’au total, entre le milieu du VIIe siècle et la fin du XIXe siècle, les traites musulmanes aient déporté un nombre de Noirs nettement supérieur à la traite européenne.



D’ailleurs, outre les traites musulmanes, il existait dans l’Afrique noire de l’époque médiévale et moderne de vastes réductions en esclavage et un important trafic interne d’esclaves (traite interne). L’arrivée des navigateurs européens a été providentielle pour le commerce des Etats riverains du golfe de Guinée, trop éloignés du Sahara pour qu’ils y écoulent leur surplus d’esclaves. Il y avait là une offre d’esclaves prête à satisfaire d’éventuels acquéreurs.

A la différence de l’islam, le christianisme n’a pas entériné l’esclavage. Mais, comme il ne comportait aucune règle d’organisation sociale, il ne l’a pas non plus interdit. Pourtant, l’idée d’une égalité de tous les hommes en Dieu dont était porteur le christianisme a joué contre l’esclavage, qui disparaît de France avant l’an mil. Cependant, il ressurgit au XVIIe siècle aux Antilles françaises, bien que la législation royale y prescrive l’emploi d’une main-d’oeuvre libre venue de France. L’importation des premiers esclaves noirs, achetés à des Hollandais, se fait illégalement. Puis, à partir du milieu du siècle, l’explosion de la monoculture sucrière sur le modèle des Antilles anglaises provoque un recours massif aux esclaves noirs. L’Etat s’incline devant le choix des planteurs : il officialise l’esclavage en fixant le statut des esclaves (ordonnance de 1685). C’est une profonde régression juridique.

Mais la logique égalitaire du christianisme est toujours présente. Elle va faire prévaloir l’idée que l’esclavage est incompatible avec la dignité de l’être humain. Le mouvement part d’Angleterre, le pays qui a déporté au XVIIIe siècle le plus de Noirs vers l’Amérique. La force du mouvement abolitionniste anglais repose principalement sur la prédication des pasteurs évangélistes, dénonçant la traite comme un crime contre l’homme et contre Dieu. Il en résulte une interdiction de la traite par l’Angleterre (1806) et les autres puissances occidentales (France, 1817), puis une abolition de l’esclavage lui-même dans les colonies anglaises (1833) et françaises (1848). Décidée par l’Europe, la suppression de la traite atlantique est imposée par elle aux Etats pourvoyeurs d’esclaves de l’Afrique occidentale.

Cependant, rien de pareil n’a eu lieu dans le monde musulman. L’esclavage étant prévu par l’islam, il eût été impie de le remettre en cause. Aussi, l’autre grande forme de la traite vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient continua de plus belle au XIXe siècle, qui correspondit à son apogée. Et, parallèlement, des Européens continuaient d’être razziés en Méditerranée et réduits en esclavage à Alger, Oran, Tunis ou Salé (Rabat). D’où l’expédition de 1830 à Alger. Finalement, ce fut la colonisation qui mit presque entièrement fin à la traite musulmane. Lorsqu’elle colonise l’Afrique, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Europe est antiesclavagiste. Les puissances européennes abolissent l’esclavage, s’attaquent aux marchands d’esclaves et font cesser l’exportation au départ de leurs colonies.



Même si elle l’a beaucoup pratiqué aux XVIIe et XVIIIe siècles, c’est l’Europe chrétienne qui a détruit l’esclavage des Noirs, d’abord aux Amériques puis en Afrique et au Moyen-Orient. L’Occident ne l’a pas fait sans débats, reculs, déchirements. Mais enfin, il l’a fait, et c’est lui seul qui l’a fait. L’Europe devrait être célébrée pour cela. Au lieu de quoi elle est aujourd’hui seule accusée d’un passé esclavagiste que partagent d’autres civilisations : tout particulièrement le monde musulman, mais aussi l’Afrique noire précoloniale. On oublie trop que la suppression de l’esclavage en Afrique est un des bienfaits majeurs de la colonisation.

Jean-Louis Harouel, Professeur à l’université de Paris-II
pour le Figaro


source occidentalis
(cette image n'est là que pour illustrer un problème, nous ne connaissons pas le contenu du site d'où elle provient et ne pouvons donc pas dire si, en dehors de ce problème, nous approuvons l'ensemble de leurs propos)

à lire : L'Esclavage en terre d'islam, de Malek Chebel, Fayard, 506 pages, 24 Euros.


Esclavage - Encore aujourd'hui
par Eric Conan, mis à jour le 02/05/2006

La France s'apprête à célébrer, le 10 mai, la mémoire de la traite négrière. Une journée inspirée par la loi Taubira, qui continue de soulever l'inquiétude de nombreux historiens. Car, au nom du présent, on procède à une relecture partielle d'une tragédie dont le commerce transatlantique, jusqu'au XIXe siècle, n'est qu'un des épisodes. La persistance du phénomène, dans l'Afrique de 2006, en apporte malheureusement la preuve, comme le montre notre reportage au Niger
[...]
"Si l'histoire des traites européennes, qui se caractérise par sa relative brièveté et par leur abolition, est terminée depuis plus d'un siècle et demi, l'esclavage s'est prolongé dans de nombreux pays (dont l'Arabie saoudite) jusqu'au milieu du XXe siècle – c'est pour le dénoncer qu'Hergé a publié Coke en stock, en 1958.

Et il persiste de nos jours dans certains pays, dont le Soudan, le Niger et la Mauritanie, qui l'a pourtant aboli officiellement en 1960, et de nouveau en 1980. Selon le Haut- Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, il y aurait toujours plusieurs millions d'adultes en esclavage dans le monde et plusieurs associations humanitaires ont aujourd'hui pour objet le rachat d'esclaves: l'une d'elles a récemment racheté, au Soudan, un millier d'esclaves à raison de 50 dollars chacun dans la province de Bar el-Ghazal et, au Niger, les membres de Timidria continuent de lutter contre l'esclavage, malgré son abolition, en 1999 (notre reportage au Niger).

Ces militants anonymes ont le tort de vouloir libérer les victimes oubliées d'une histoire qui écrase encore plutôt que d'instrumentaliser une histoire révolue, comme le souligne l'un d'entre eux, Moustapha Kadi Oumani, en conclusion d'Un tabou brisé. L'esclavage en Afrique (l'Harmattan): «Il apparaît bien paradoxal, au moment où l'Afrique attend des excuses pour les effets dévastateurs qui ont laminé son potentiel économique, déformé les systèmes politiques, sapé les pratiques morales et civiques, qu'elle continue à pratiquer elle-même l'esclavage."
[...]

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http://www.lexpress.fr/actualite/societe/encore-aujourd-hui_482221.html


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