lundi 8 décembre 2008

France maçonnique: à quoi bon des élections si tous ont les mêmes projets?

La droite la plus bête du monde, le surnom n'est pas volé. Elle est aussi vermoulue. Le parti du président Sarkozy va donc être dirigé par Xavier Bertrand. En face, au PS, pour le moment, il y a Martine Aubry. Point commun? La franc-maçonnerie; Bertrand comme initié direct, Aubry comme sympathisante mais entourée d'une fameuse brochette d'initiés. Et l'ex-UDF, devenu MODEM? François Bayrou a fait entrer dans son parti tout le ban et l'arrière-ban des francs-maçons "radicaux de gauche" et consorts. Au PC?F? on n'est pas en reste. Et la pastèque de la politique française, les "verts dehors, rouges dedans," partagent rigoureusement les mêmes "idéaux" anti-patriotiques et anti-famille que tous les précités.

Voilà où se situe le côté totalement anti-démocratique de la secte maçonnique : comme l'appartenance à ce groupe secret n'est pas obligatoirement déclarée - au contraire de l'Angleterre -, l'électeur s'imagine choisir un programme, un camp électoral, un système politique. Alors qu'en réalité, quel que soit son choix et surtout, plus grave, quels que soient les programmes présentés, ce ne sera jamais que le programme des loges maçonniques qui sera mis en pratique, d'une manière ou d'une autre. C'est une véritable dictature qui se cache derrière de fallacieux idéaux humanistes.

Note de rédaction pour les lecteurs belges : le petit royaume voisin de la grande république maçonnique n'est hélas pas mieux loti : son premier roi était protestant & initié maçonnique, sa justice en compte beaucoup, ses partis politiques aussi, et pour rentrer à la télévision publique, c'est pareil qu'en France, soit on est initié, soit aucune chance de faire mieux que sous-fifre. Un seul exemple suffira à illustrer le tout, avec ces livres qui n'ont hélas pas eu le succès mérité, car ils devraient se trouver dans toutes les bibliothèques publiques de France, de Navare et d'outre-Maubeuge:

http://www.lucpire.be/portail/index.php?inner=detail&pageNum_selected_ouvrages=299&e=0

Charleroi, le séisme
Editions Luc Pire - Voix Politiques
Affaire Despiegeleer - La Carolo
Par qui vient le scandale : Chastel fournit le second suivi d’audit, mais l’homme qui donne le rapport explosif à la presse est un ami de Despiegeleer. Un socialiste franc-maçon. Histoire d’un fratricide sur fond de coups bas à la Loge.
Des larmes et du sang : récits croisés de Van Cau et Despiegeleer sur la journée du 30 septembre 2005 où l’un démissionne de la Région wallonne et l’autre est incarcéré. L’échevin raconte sa détention, sa libération. Les deux hommes règlent leurs comptes.
Les complots : à qui profite le crime ? Les “sacrifiés” avancent leurs thèses.
Les visages judiciaires de l’affaire : Qui est France Baeckeland ? Comment fonctionne-t-elle ? Enquête sur la magistrate la plus médiatisée du pays et sur le nouveau procureur du Roi de Charleroi.
Une enquête manipulée : des policiers qui jouent aux journalistes et des reporters qui mènent les investigations, des fuites organisées, des viols du secret de l’instruction.

Affaire Henseval ou carolo bis
Par qui vient le scandale : c’est un rapport arrangé qui met les enquêteurs sur la piste de la fraude. Un rapport qui doit dégager la responsabilité politique du bourgmestre. Au lieu de cela, il débouche sur l’arrestation de son propre chef de cabinet.
Secrets de police : comment travaillent les enquêteurs? Que sont les techniques spéciales ? Comment mettent-ils la pression ? L’envers du décor à travers des confidences recoupées d’inculpés.
Texte : Didier Albin
Journaliste free lance pour la presse quotidienne et périodique, il est au cœur des « affaires » depuis le premier jour. Avec « Charleroi, le Séisme » paru aux éditions Luc Pire en décembre 2006, il leur donne un nouvel éclairage à travers un long travail d’investigation.
Disponibilité
Parution Belgique: 04/12/2006
Prix TTC : 20,00 euros
ISBN : 2874157198



http://www.lucpire.be/portail/index.php?inner=detail&pageNum_selected_ouvrages=172&e=0


Charleroi, le séisme continue
Editions Luc Pire - Actualité
Une mobilisation policière inédite, une détermination exceptionnelle de la justice, une enquête fleuve… Depuis septembre 2005, les affaires de Charleroi sont partout. Dans la presse du matin et les journaux télévisés du soir, dans les conversations de comptoir, les débats politiques nationaux.

Et si tout cela cachait autre chose que la recherche de la vérité judiciaire ? Et si on ne nous avait pas encore tout dit ? Quatre bourgmestres en sept mois et un collège communal inculpé dans sa totalité, c’est beaucoup, c’est trop même pour une ville de province. "Charleroi, le séisme continue" donne la parole aux témoins et suspects qui veulent briser le silence avant l’ouverture des procès. Sur fond de mensonges, cabales, trahisons, cupidité et stratégies de pouvoir, de nouveaux éléments à découvrir.

Edifiant.
Texte : Didier Albin
Journaliste free lance pour la presse quotidienne et périodique, il est au cœur des « affaires » depuis le premier jour. Avec « Charleroi, le Séisme » paru aux éditions Luc Pire en décembre 2006, il leur donne un nouvel éclairage à travers un long travail d’investigation. Ce deuxième tome s’inscrit dans le prolongement de son dernier ouvrage.
Disponibilité
Parution Belgique: 09/10/2007
Prix TTC : 18,00 euros
ISBN : 9782874158643

Cet aperçu des dégâts en Belgique devant suffire, passons aux dégâts français, le menu est copieux.


Les francs-maçons et le pouvoir
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-francs-macons-et-le-pouvoir_473340.html
Par François Koch, mis à jour le 04/03/2008 12:34 - publié le 19/02/2008

L'Express est en mesure de le révéler: Xavier Bertrand, l'un des ministres les plus en vue du gouvernement, appartient au Grand Orient de France. Une nouvelle illustration des liens entre la politique et la franc-maçonnerie. Au moment où Nicolas Sarkozy, fort des réseaux qu'il a su tisser dans les loges, tente d'amadouer les «frères», irrités par ses déclarations sur la laïcité.
Xavier Bertrand est franc-maçon. Depuis près de treize années, le ministre (UMP) du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité préserve jalousement le secret sur son appartenance au Grand Orient de France (GO), la plus grosse obédience maçonnique, étiquetée à gauche. Mais cette discrétion pouvait-elle être encore protégée pour un membre du gouvernement de plus en plus en vue, populaire auprès des Français, apprécié du locataire de l'Elysée, «premier-ministrable» et donc agaçant pour beaucoup de ses collègues? Sous la lumière des médias, le jeune ministre de 42 ans à l'ascension éclair, auréolé de ses réformes réussies (régimes spéciaux de retraite, interdiction du tabac dans tous les lieux publics, y compris les bars et restaurants), donne l'image d'un homme maître de lui-même et fin débatteur, à l'empathie naturelle. Il a aussi sa part de mystère. L'Express la révèle au moment même où Nicolas Sarkozy crée la polémique avec ses déclarations sur la laïcité et braque les projecteurs sur les francs-maçons du GO afin de calmer les plus critiques. Le ministre confirme et s'en explique (voir son interview).


Reuters


Franc-maçon depuis 1995, Xavier Bertrand fut le porte-parole du candidat Sarkozy en 2007. Il est aujourd'hui l'un des ministres les plus appréciés du président.
Le "frère" Xavier Bertrand paie rubis sur l'ongle ses cotisations
Les informations qui nous ont été confiées sont précises: Xavier Bertrand a été initié au GO le 11 mars 1995. A un peu moins de 30 ans, ce qui est précoce. «Passer sous le bandeau» et «recevoir la lumière» se fait généralement après l'âge de 40 ou 45 ans. Preuve de son désir de discrétion, l'agent général d'assurances, conseiller municipal, à quelques mois de devenir adjoint au maire de Saint-Quentin (Aisne), évite les deux loges de sa ville, «Babeuf et Condorcet» et «Justice et vérité». Il choisit l'atelier «les Fils d'Isis», situé à Tergnier, à 25 kilomètres de Saint-Quentin dans la direction de Soissons. Une commune de 15 000 habitants, charmante et verdoyante, très calme mais minée par le chômage. Cette loge, née en 1989, emprunte le nom d'une déesse égyptienne, symbole de féminité, guérisseuse et protectrice des enfants.
Les cérémonies rituelles auxquelles participe le frère Xavier Bertrand se déroulent à l'intérieur d'un temple situé dans une petite commune voisine de Tergnier, Vouël, deux fois par mois, chaque deuxième samedi, à 19 h 30, et chaque quatrième vendredi, à 20 heures. L'animateur des tenues est le vénérable maître Francis Loison. D'abord apprenti, Bertrand doit s'astreindre au silence, puis atteint le grade de compagnon et celui de maître maçon, le 24 avril 1997 - un délai habituel. L'actuel ministre bénéficie d'une excellente réputation d'assiduité en loge, ce qu'il conteste, et paie rubis sur l'ongle ses «capitations» (cotisations). Il est même très bien vu des initiés socialistes qui le fréquentent. Comme tous les maçons de Tergnier, Xavier Bertrand travaille selon le rite français, le plus laïque de ceux qui sont pratiqués au GO, puisque la référence au Grand Architecte de l'univers n'y est pas obligatoire. A des centaines d'années-lumière du prêche de Nicolas Sarkozy, à Riyad, le 14 janvier 2008, qui vantait ce «Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme»!
Ces propos ont fait bondir Jean-Michel Quillardet. Le grand maître du GO était déjà ulcéré par les déclarations de Nicolas Sarkozy au palais du Latran, à Rome, le 20 décembre 2007, critiquant la morale laïque et affirmant la supériorité du curé et du pasteur sur l'instituteur. Quillardet sort alors de son silence assourdissant et décroche coup sur coup deux interviews, les 3 et 4 janvier, dans Le Nouvel Observateur et Libération. Le grand maître du GO souhaite rencontrer rapidement le président de la République et transmet sa demande à... Alain Bauer, grand maître du GO de 2000 à 2003. «Parce qu'il est conseiller du chef de l'Etat», explique Quillardet. Même si Bauer n'a pas d'autre fonction officielle que sa présidence de l'Observatoire national de la délinquance, il jouit en effet d'une grande proximité avec Nicolas Sarkozy, depuis l'entrée de ce dernier au ministère de l'Intérieur, en 2002.

Le président a accepté de venir débattre au siège du GO
Bauer obtient sans difficulté le rendez-vous, pour le 8 janvier, en début d'après-midi. Le président reçoit Jean-Michel Quillardet, accompagné de quatre anciens grands maîtres, Alain Bauer, Philippe Guglielmi, Patrick Kessel et Jacques Lafouge, dans une salle de réunion attenante à son bureau, au premier étage du palais de l'Elysée. Alors que sont servis le jus d'orange, le café et le chocolat, Nicolas Sarkozy, longuement préparé par Alain Bauer, se fait maître de conférences sur le thème: «La République est laïque, mais pas athée.» Parfois offensif: «La laïcité n'a pas toujours été un modèle de modération.» Ajoutant d'un air entendu: «Vous êtes tous de gauche.» Le socialiste Guglielmi et le chevènementiste Kessel, ainsi que Lafouge, s'inquiètent d'une remise en question de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat, donc d'une menace sur la paix civile. Le président se veut rassurant, précisant tout de même qu'il y aura quelques aménagements, notamment concernant le statut des pasteurs.
Cette rencontre a-t-elle modifié les positions des uns et des autres? Non. Alain Bauer juge toujours Sarkozy «excellent». «Il s'est moqué de nous, nous a roulés dans la farine», assène en revanche Jacques Lafouge, le plus pessimiste, ou le moins langue de bois, des visiteurs du 8 janvier. «Il nous a brossés dans le sens du poil, regrette Jean-Michel Quillardet. Notre influence n'est pas encore déterminante.» Confirmation le 13 février, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, où Sarkozy déclare: «Je persiste et j'ai le plaisir de signer.» Seule petite satisfaction de Quillardet: «A Riyad, après avoir cité les juifs, les catholiques et les protestants, il a ajouté les athées, les francs-maçons et les rationalistes, et j'ai l'immodestie de penser que je n'y suis pas pour rien.» Bauer, qui le connaît bien, sait que Sarkozy ne s'excuse jamais: «Il commence par réagir violemment aux critiques, puis il tente de convaincre, et c'est seulement dans une troisième phase qu'il recherche le compromis.» Pour l'heure, aucune négociation. Mais chaque camp se présente comme gagnant.

Au parlement, les maçons se mobilisent pour la laïcité
Le président a accepté de venir débattre au siège du GO En dialoguant avec le Grand Orient, qui l'éreinte publiquement, Nicolas Sarkozy se montre ouvert d'esprit, même s'il maintient ses positions. Quant à Jean-Michel Quillardet, sa conversation directe avec le président de la République lui a donné une existence, une popularité de champion du combat pour la laïcité qu'il n'avait guère connue depuis son élection, le 2 septembre 2005. Même si la ficelle semble grosse, Sarkozy y a accroché deux carottes. D'abord, la participation de maçons à un groupe de travail sur la mise en place de cérémonies de parrainage républicain (à l'occasion de la naissance d'un enfant) ou d'acquisition de la nationalité française. «Sous la responsabilité de Michèle Alliot-Marie, y participeraient Patrick Kessel, Roger Dachez [président de l'Institut maçonnique de France] et deux représentants de la Grande Loge féminine de France et de la Grande Loge mixte universelle», indique Alain Bauer. Ensuite, le président a accepté l'invitation à venir débattre avec les frères du GO, après les municipales, au siège national, rue Cadet, à Paris. Beaucoup de francs-maçons redoutent une instrumentalisation, une manipulation, surtout si le chef de l'Etat ne s'engage pas à préserver totalement la loi de 1905 - «une œuvre franc-maçonne», dixit Quillardet - ou, pis encore, s'il annonce qu'il la révisera. Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon estime que Sarkozy a d'ores et déjà gagné la bataille contre le GO. Maçon depuis un quart de siècle, le tribun de gauche s'est taillé un franc succès avec sa «planche» (exposé) très anti-Sarkozy, dans le grand temple Arthur-Groussier, à Paris, le 22 janvier dernier.
Au Parlement, les maçons se mobilisent pour la laïcité «Je ne crains aucune récupération, affirme, quant à lui, Claude Vaillant, grand orateur du GO [chargé de faire respecter le règlement]. Si Sarkozy touche à la loi de 1905, il fait descendre 1 million de Français dans la rue!» Rodomontade? Le Grand Orient compte près de 49 000 initiés et alimente une kyrielle d'associations de combat pour la laïcité. Réputée la plus extrémiste: la Libre Pensée, qui affiche plus de 5 000 cotisants et dont le slogan fondateur demeure «Ni dieu ni maître, vive la Sociale et à bas la calotte!», est dirigée par deux frères du GO, Marc Blondel, ancien secrétaire général de la confédération Force ouvrière, et Christian Eyschen, trotskiste. Plus modéré et présidé par le journaliste Philippe Foussier, le Comité Laïcité République compte 600 membres, avec, parmi ses responsables, Patrick Kessel, directeur de Centre Inffo (formation professionnelle et apprentissage), Henri Caillavet, ancien sénateur radical de gauche, Jacques Lafouge, Eric Marquis, président de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels et secrétaire de rédaction à L'Express (lire le droit de réponse de M. Eric Marquis). Blondel, Caillavet, Foussier, Kessel, Marquis, mais aussi Francis Szpiner, avocat de Jacques Chirac, se retrouvent à 20 heures avec leur tablier les deuxième et quatrième mercredis du mois, Rue Cadet, pour la tenue de la loge «République». Enfin, dans la galaxie militante, deux autres associations ont prouvé leur efficacité: l'Union des familles laïques et la Ligue des droits de l'homme, dont bon nombre de dirigeants appartiennent aussi au GO.
Au Parlement, les francs-maçons sont déjà en mouvement. «Nicolas Sarkozy fait l'apologie de la civilisation réduite à une seule religion, bafouant les principes de la République, indivisible, laïque, démocratique et sociale, inscrits dans notre Constitution»: coup de gueule signé Pierre Bourguignon. Le député strauss-kahnien préside la fraternelle parlementaire. Elle rassemble 300 maçons de l'Assemblée nationale, du Sénat, du Parlement européen et du Conseil économique et social.

Le président peut compter sur la divisions des "frères"
Les gaullistes sociaux de l'UMP sont plus discrets. Né en 2001, leur club, le Nouveau Siècle, comprend en son sein une forte minorité de maçons; il est présidé par l'ancien dignitaire du GO Bernard Reygrobellet. Après tout, chaque frère interprète à sa guise les Constitutions d'Anderson, de 1723, la bible maçonne, selon lesquelles «un maçon ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux».
Le président peut compter sur la division des «frères» Nicolas Sarkozy a reçu le GO parce que c'est l'obédience la plus remuante et qu'il aime la confrontation. Les deux autres grandes loges masculines ont joué profil bas. Alain Graesel, grand maître de la Grande Loge de France, regroupant 28 000 frères, a refusé de signer une déclaration commune avec sept autres obédiences, «en raison de son caractère excessif». Il a transmis un courrier à l'Elysée... via Alain Bauer. Quant à la Grande Loge nationale française, forte de 38 000 frères, son grand maître, François Stifani, a qualifié les réactions aux discours de Sarkozy d' «intolérantes et sectaires, donnant l'image d'une laïcité désuète, militante, partisane et nostalgique». Le président de la République peut donc compter sur la division des maçons.

Une loge qualifiée "d'Etat dans l'Etat"
Que son ministre du Travail appartienne à une obédience classée à gauche peut sembler paradoxal aux profanes. Bertrand aura l'occasion d'en parler lorsqu'il planchera sur le thème de la paix sociale, le 9 avril prochain, à 12 heures, dans le temple de la loge parisienne «Intersection». Pourquoi cet atelier? Parce que c'est celui du permanent de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alain Noqué, l'un de ses amis, proche aussi de Jean-François Copé, patron des députés UMP. Il y a près de trois ans, le président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, avait été l'invité d'une «tenue blanche fermée» (un profane planche devant un public exclusivement franc-maçon) d'Intersection sur la délocalisation et la cohésion sociale... bien longtemps avant qu'un scandale n'agite la puissante fédération patronale.

Une loge qualifiée d' «Etat dans l'Etat»
Intersection est aussi la loge choisie par un proche conseiller de Xavier Bertrand pour y être bientôt initié. Présidée par le vénérable Jean-Marc Broux, ancien directeur général des services du maire (UMP) de Corbeil-Essonnes, le frère Serge Dassault, cette loge a recouvré son calme après de très fortes turbulences. Lors des convents de 2004 et de 2005, elle avait été qualifiée d' «Etat dans l'Etat», de «pondeuse de canaris», la couleur des cordons des hauts dignitaires de l'ordre, parce que y figuraient quatre grands maîtres, Alain Bauer, Bernard Brandmeyer, Philippe Guglielmi et Jean-Michel Quillardet, et 12 conseillers de l'ordre, actuels ou anciens. Loge extraordinaire, Xavier Bertrand s'y trouvera également face à Vincent Champain, directeur du cabinet d'Eric Besson, et Charles Napoléon, candidat du MoDem pour l'élection municipale à Nemours (Seine-et-Marne). L'arrière-arrière-petit-neveu d'un frère de l'Empereur, ancien adjoint au maire d'Ajaccio, est à la fois l'aîné de la seule branche survivante de la famille impériale et un militant libre-penseur et social-démocrate moderne!



Martine Aubry chez les franc-macs
Mardi 16 septembre 2008
http://www.bakchich.info/breve1173.html
Ce mardi soir 16 septembre, Martine Aubry officiera lors d’une tenue blanche au Grand Orient de France, l’une des premières obédiences franc-maçonne. Thème retenu : « Quel avenir pour la gauche ? » Vaste programme quand on sait le présent du Parti socialiste...
Le Grand Orient accueille une femme, ça aussi c’est un événement !



L’Express impose un outing à un journaliste franc-maçon
http://www.betapolitique.fr/L-Express-impose-un-outing-a-un-03193.html

Marianne 2, 28 février 2008
Le dossier du dernier numéro de l'Express révèle l'appartenance à une loge de l'un de ses journalistes. Apparemment sans son accord. Histoire.
L'Express impose un outing à un journaliste franc-maçon
Cette semaine, comme tous les ans, le magazine l'Express a fait sa une sur «les Francs-maçons et le pouvoir», marronnier de l'hebdomadaire. L'enquête, réalisée par François Koch révèle ou confirme l'appartenance aux loges maçonniques de plusieurs personnalités, dont le Ministre du Travail Xavier Bertrand, les socialistes François Rebsamen, Gérard Collomb ou Bertrand Delanoë. Rien de très original jusque là.
Au détour d'une phrase, on apprend qu'Eric Marquis, secrétaire de rédaction à l'Express, mais aussi Président de la commission de la carte d'identité professionnelle des journalistes (CCIJP) et membre de la direction du Syndicat national des journalistes (SNJ), est un franc-maçon. Avec une précision méticuleuse, l'auteur informe les lecteurs que les membres de sa loge se réunissent avec leur tablier les deuxième et quatrième mercredi du mois rue Cadet (siège du Grand Orient). Pour recueillir ces informations, le grand reporter de l'Express a-t-il dû se déplacer d'une vingtaine de mètres pour se rendre dans le bureau d'Eric Marquis ? C'est toute la question. Et comme il est assez rare – pour ne pas dire inédit – qu'un franc-maçon soit « outé » dans les colonnes de son propre journal, Marianne2 a posé la question à Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express, pour savoir si cette information avait été divulguée avec l'accord de l'impétrant. Christophe Barbier nous a assuré que la publication s'était faite en plein accord avec lui. Nous avons posé la même question à Eric Marquis, qui n'a pas souhaité nous répondre. Sauf que le journaliste a confié, à l'occasion de la dernière réunion de la Commission de la Carte, jeudi 21 février, que François Koch ne l'avait pas informé et que seul Christophe Barbier l'avait prévenu au dernier moment sans lui demander son avis.

La tyrannie de la transparence ?
L'appartenance maçonnique relève-t-elle de la vie privée ou bien doit-elle être rendue publique au nom de cette «transparence» que l'on tente d'imposer comme une évidence moderne ? De toute évidence, l'Express a choisi, l'article expliquant le refus de se déclarer publiquement franc-maçon comme une sorte de ringardisme que rejetteraient les plus modernes des frères. L'affaire n'est pas si mineure qu'il y paraît : que penserait-on si demain, un journal s'amusait à révéler l'appartenance à un parti politique ou bien à une association religieuse de l'un de ses journalistes ? D'autant qu'il existe, selon certains journalistes de l'hebdomadaire, une petite face cachée de cette affaire : François Koch, l'auteur de l'article, qui n'a pu être contacté par Marianne2, est un élu de la CFDT dans l'entreprise et aux Prud'hommes. Il est donc, à ce titre, directement concurrent d'Eric Marquis, élu, lui du SNJ. Or les élections internes à l'entreprise, qui mettront en compétition les deux syndicats, se tiendront dans quelques semaines...
Nul doute qu'en révélant l'engagement maçon de Marquis, il pouvait le mettre en difficulté auprès de ses camarades et de ses électeurs, salariés de l'Express, qui ne sont pas forcément au courant d'une appartenance qu'il n'avait pas jusqu'alors, jugé utile de rendre publique. François Koch était donc en position de conflit d'intérêt en publiant cet article ; Il est dommage qu'il ne l'ait pas compris lui-même et que sa hiérarchie n'y ait vu aucune malice…


Xavier Bertrand franc-maçon
http://www.rtl.fr/fiche/50106/xavier-bertrand-franc-macon.html
21 févr. 2008
Xavier Bertrand, ministre du Travail, a confirmé à "L'Express" publié aujourd'hui, qu'il est franc-maçon et appartient au Grand Orient de France. C'est une gaffe ou un choix intelligent de l'avoir confirmé ? La chronique d'Alain Duhamel.
Non, je crois que c'est un choix franchement intelligent, d'abord parce que de toute façon "L'Express" savait tout. Les francs-maçons, c'est une des spécialités régulières de "L'Express", qui a visiblement de très bonnes informations, certainement venues de l'intérieur, et donc qui savait parfaitement l'année à laquelle Xavier Bertrand avait été initié, en 1995, le nom de la loge, "les filles d'Isis", il y aurait à faire un florilège avec les noms des loges maçonniques ; et puis à quel moment il avait été successivement apprenti, compagnon, puis maître maçon.

Donc à partir du moment où c'était connu, et où ça n'est pas répréhensible, il avait raison de le dire.

Par ailleurs, ça correspond tout à fait au profil qu'il essaye de se donner. Xavier Bertrand, on le sait bien, c'est un ministre ambitieux, jeune, qui réussit plutôt bien, il n'y en a pas tellement dont on peut dire ça à coup sûr, donc il essaye de montrer qu'il est un homme d'écoute, de dialogue, de tolérance, et de ce point de vue, ça correspondait très bien avec cette image de dialogue que veulent justement avoir les francs-maçons, entre eux, mais aussi avec ceux qui sont différents.

Et puis, Xavier Bertrand a beaucoup d'ennemis, se les fait parmi ses concurrents, leur rend des coups sans les mesurer. Il est évident qu'à partir du moment où ça transpirait, ça aurait été utilisé contre lui. A partir du moment où il le proclame, il désarme ses rivaux qui sont très nombreux au sein du gouvernement.

- Quelle est la puissance réelle de la franc-maçonnerie dans notre société ?

Elle n'est plus ce qu'elle était. Il y a eu des moments où elle était considérable. Par exemple, il y avait plus des deux tiers des maréchaux de Napoléon, qui étaient francs-maçons. Il y a des gouvernements entiers qui étaient à majorité franc-maçon. Sous la IIIe République, des présidents du conseil, Gambetta, Jules Ferry, Léon Bourgeois évidemment, qui était le pape de la théorie de la philosophie des maçons, le maréchal Joffre, la moitié du gouvernement de Léon Blum. Sous la IVe République, Guy Mollet. Sous la Ve, moins. Il y en a encore pas mal chez les Socialistes, en général plutôt modérés, et dans la droite régulièrement modérée.

Mais, ce qui est intéressant, c'est de savoir ce qu'ils représentent dans la société. Il y a le côté idéaliste, philosophique, volonté, goût du secret aussi, avec un petit peu de fraîcheur qui existe chez un certain nombre.

Et puis il y a les positions publiques, qui sont prises par les francs-maçons, qui sont à propos de la peine de mort, de l'avortement, du PACS, etc.. Des positions qui sont systématiquement des positions libérales.

Et puis derrière ça, il y a aussi, ce qui est nettement moins plaisant, c'est à dire des réseaux d'entraide et d'amitié. Dans certains métiers, par exemple dans la haute hiérarchie de la police, il y a toujours eu beaucoup de maçons. Ou bien chez les musiciens de bon niveau, il y a toujours eu beaucoup de maçons, ou bien dans certaines corporations, certaines entreprises aussi, on sait que c'est quelque chose qui continue à peser, mais qui pèse infiniment moins lourd que l'église catholique, que certains syndicats, que beaucoup de professions, que certaines corporations, et surtout qui se développe, comme beaucoup de groupes de pression organisés.

- Pour Xavier Bertrand, le fait que l'on sache qu'il est franc-maçon, ça va être un atout maintenant ou un handicap ?

Je dirais que ça va être surtout une espèce de fiche signalétique, ça va être une identité qui maintenant va s'accrocher à ses pieds, ça sera à la fois pas négatif, mais un peu réducteur.

Auteur : Alain Duhamel




L'horrible dilemme de François Fillon
http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/l-horrible-dilemme-de-francois-fillon/1239/0/236255
Publié le 07/04/2008 à 19:52
Michel Richard
On devine que l'affaire a dû préoccuper le Premier ministre et ses conseillers. Peut-être même lui ont-ils consacré quelques réunions de cabinet disputées : il est des décisions qui ne sont pas faciles à prendre. Voilà l'histoire : il y a quelque temps, Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, reconnaît être franc-maçon. En privé, François Fillon, qui ne l'aime guère et s'en méfie plus encore, lâche : "Maçon, il l'est sûrement, mais franc..." C'est du moins ce que rapporte un journal. Typiquement le genre de vacherie politique dont on se régale et qui valent mieux qu'un éditorial sur la solidarité gouvernementale.
Or, tout se gâte quand le jury du prix de l'humour politique sélectionne dans sa short list la phrase du Premier ministre. Laisser dire que Fillon ait pu la prononcer est une chose, la valider, l'authentifier, la signer en est une autre : tel serait pourtant le cas si Fillon restait impavide, alors qu'il ne peut ignorer la bonne fortune publique promise à sa petite phrase.
On voit le dilemme : ou bien le Premier ministre assume et sa critique d'un des principaux ministres sous son autorité devient officielle, ce qui fait sale dans le paysage gouvernemental, ou bien il dément avoir jamais tenu pareils propos et il se prive du charme que vaut à son auteur l'humour, surtout s'il est vache. Un charme bienvenu qui pimenterait à son avantage l'image par trop tiède et sans fantaisie que traîne tristement Fillon.
Que croyez-vous que fit le Premier ministre ? Il se sacrifia et fit envoyer au jury un poulet reniant le si méchant propos qui lui était si méchamment prêté. On le reconnaît bien là. Il ne sera donc pas dit qu'on puisse dire qu'il a médit.



Xavier Bertrand, l'homme qui monte
http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=473312
Par Eric Mandonnet, avec Corinne Lhaïk et Ludovic Vigogne, mis à jour le 20/02/2008 15:33 - publié le 20/02/2008
Le ministre du Travail ne trompe plus personne avec son air de ne pas y toucher. Secrets d'une ascension qui s'inspire souvent des méthodes de Nicolas Sarkozy.
Chaque matin, Xavier Bertrand trouve sur son bureau un petit dossier concocté par deux personnes de son cabinet: outre un compte rendu classique des rendez-vous politiques diffusés à la télévision et à la radio y figure un résumé des émissions au cours desquelles les auditeurs ont la parole. Sens de l'opinion et ancienneté de l'ambition - il a mis au point ce système dès son arrivée à l'Assemblée nationale: le ministre du Travail, 43 ans le 21 mars prochain, va vite et voit loin. Et il n'a besoin d'écouter personne pour laisser libre cours à son ascension: élu député pour la première fois en 2002, n° 40 (en avril) puis n° 37 (en novembre) du gouvernement Raffarin en 2004, n° 10 du gouvernement Villepin l'année suivante, il est désormais au 9e rang dans le gouvernement Fillon nommé en 2007.
Pour réussir une telle progression, deux conditions sont nécessaires: être un bosseur acharné, et il l'est; jouer des coudes, et il sait y faire. En 2003, officiellement chargé du dossier des retraites par l'UMP, sujet ingrat que d'autres ont refusé, il demande à rencontrer le directeur du Budget, à Bercy, pour parler assurance-maladie. Après un dossier délicat, un thème difficile: la démarche est rare de la part d'un simple parlementaire. L'entretien dure trois heures et ne sera pas inutile: en avril 2004, il devient secrétaire d'Etat, chargé, précisément, de l'Assurance-Maladie. Là encore, il ne s'en contente pas. Il multiplie les contacts avec les conseillers du Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin, pour tenter de remplacer Jean-François Copé comme porte-parole du gouvernement - et voici deux des principaux espoirs de la droite fâchés pour la vie.
Aurait-il entrepris des manœuvres similaires ces dernières semaines, avec, cette fois, Christine Lagarde, ministre de l'Economie, en ligne de mire? «Il l'a sévèrement critiquée devant le président, pour obtenir un portefeuille plus important lors du prochain remaniement, avance un responsable de l'UMP. Aux yeux de la majorité, il a dorénavant un atout en moins, son côté patelin. Il lui reste le professionnalisme.»

«Le pire des assassins en politique»
De fait, le hasard n'a pas sa place avec lui. Aux législatives de juin 2007, Philippe Vigier est élu, dès le premier tour, dans la 4e circonscription d'Eure-et-Loir. A 20 h 30, ce nouveau député reçoit un coup de fil du Premier ministre, François Fillon. Trois heures plus tard, le portable du député du Nouveau Centre sonne de nouveau. C'est Xavier Bertrand. Vigier ne l'a jamais rencontré, mais le ministre ne s'arrête pas à ce genre de détails: «Je te félicite. Viens me voir dès que tu arrives à Paris.» Un métier. Qu'il connaît sur le bout des doigts - il est le champion des SMS de félicitations envoyés sur les téléphones des membres de la majorité. Le 22 octobre 2007, au lendemain d'une Coupe du monde ratée, l'ex-sélectionneur de l'équipe de France de rugby, Bernard Laporte, entre affaibli au gouvernement. Le soir-même, le secrétaire d'Etat aux Sports est reçu par un Bertrand généreux en conseils, qui veillera ensuite à lui téléphoner régulièrement.
Depuis qu'il a été nommé ministre du Travail, il consulte tous azimuts, de Bernard Tapie, il y a quelques mois, à l'ambassadeur d'Israël en France, la semaine dernière. Il multiplie les entretiens avec les grands patrons et dînait récemment avec des personnalités étrangères réunies à son intention par un homme d'influence. «Il maîtrise très bien ses dossiers lors des réunions internes, mais il peut aussi dire des contre-vérités avec beaucoup d'assurance», raconte le conseiller d'un ministre important. Qu'un autre que lui se trompe et Xavier Bertrand prend un malin plaisir à le relever au détour d'une phrase - surtout s'il s'agit du chef du gouvernement: «Vous avez vu, François Fillon a indiqué que les décrets d'application seraient pris très rapidement pour la loi sur le pouvoir d'achat. Mais il n'y aura pas de décrets!» Tout le monde peut se tromper, même lui. Lors de la présentation de ce texte, il assurait, dans une interview au Monde du 13 décembre 2007, que le salarié «sera en droit d'invoquer la loi» pour se faire payer les RTT. Il corrigea vite le tir en reconnaissant que la loi ne créait pas d'obligation légale pour les employeurs.
Cette méthode de communication intense, d'occupation de tous les terrains, de déplacements tous azimuts rappelle évidemment quelqu'un. «Au moment de sa nomination comme porte-parole du candidat de l'UMP à la présidentielle, il a été frappé par un petit virus, pas mortel, mais très méchant: la sarkozyte aiguë, décrit un ancien ministre. Avant, sa compétence, son application, sa disponibilité étaient impressionnantes. Aujourd'hui, il est atteint par certains symptômes. Il fait des croche-pieds à ceux qui sont devant lui, cherche à plaire au Prince, défend son intérêt personnel avant l'intérêt général.»
Sarkozyste, Xavier Bertrand l'est aussi sur le terrain. A l'aise avec ses interlocuteurs, quels qu'ils soient: «Il a le tutoiement facile et ce talent qui transforme une rencontre protocolaire en proximité affichée», note un dirigeant économique. En empathie avec les salariés: «Moi, je n'ai pas été dans les grandes écoles parisiennes», remarquait-il le 8 février, en Bretagne, en visitant une entreprise de transports. En confidences avec les journalistes, registre sur lequel misa pendant longtemps l'ancien maire de Neuilly: «Le président sait que Bertrand est très protégé dans la presse parce qu'il raconte tout. Il connaît son habileté», explique un proche du chef de l'Etat.
Contrairement à Nicolas Sarkozy, Xavier Bertrand a longtemps pu miser sur sa rondeur pour rassurer son monde, mais voici qu'il a perdu 8 kilos. Et gagné une ribambelle d'ennemis dans son camp. Un tel parcours ne laisse jamais indifférent. En mai 2007, quand il prend ses nouvelles responsabilités, il confie: «Je veux maintenant montrer que je sais travailler en collectif.» Neuf mois plus tard, c'est raté. Ses collègues du gouvernement le couvrent plus facilement de critiques que d'éloges. «Le pire des assassins en politique que l'on puisse imaginer», dit un ministre - qui ajoute, précision utile, qu'il s'entend très bien avec le ministre du Travail. «Il est unanimement détesté parmi nous. Son jeu est trop voyant et il n'est pas toujours correct», complète un autre. Un homme dont on dit tant de mal a forcément quelques qualités. Un homme qui veut monter si haut se voit forcément reprocher quelques coups bas.




Alain Bauer, le "frère" du président
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Par François Koch, mis à jour le 20/02/2008 15:30 - publié le 20/02/2008

Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient, est, depuis 2002, un proche de Nicolas Sarkozy. Après l'avoir conseillé à l'Intérieur, il continue de jouer un rôle clef.

«Bauer est né vieux.» Ce propos acide de son ami publicitaire Stéphane Fouks lui va comme un gant. Ce surdoué a tout fait trop jeune: socialiste à 15 ans, franc-maçon à 18 ans, vice-président de l'université Paris I à 19 ans, conseiller du Premier ministre Michel Rocard à 26 ans, PDG de sa société à 32 ans, alors qu'il claque la porte du PS, et grand maître du Grand Orient à 38 ans, pour un triennat.


Alain Bauer
photo Reuters


Quelques mois avant l'élection présidentielle de 2002, Nicolas Sarkozy invite le grand maître à déjeuner: «Je pense être Premier ministre si Jacques Chirac est réélu et les questions de sécurité m'intéressent», lui annonce-t-il. Six mois plus tard, Sarkozy s'installe non pas à Matignon mais Place Beauvau et convie de nouveau Bauer. «Il m'a dit précisément ce qu'il retenait de mes suggestions et m'a proposé une rencontre au moins mensuelle pour évaluer sa politique. A l'exception de Michel Rocard, c'était pour moi inédit chez un homme politique.» De là naît leur complicité.
Nommé président de l'Observatoire national de la délinquance, Bauer jongle avec les chiffres de l'insécurité. Ce grand mètre 84, comme aurait pu dire le frère Pierre Dac, circule comme chez lui au ministère de l'Intérieur, paradis des frangins! En 2004, c'est lui qui aurait indiqué à Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa la présence de son nom sur les fameux listings Clearstream - Bauer ne dément ni ne confirme être l'informateur du ministre. Fin 2006, ce dernier lui remet les insignes d'officier de l'Ordre national du mérite, avec cette phrase flatteuse qu'il n'oublie pas: «Rien au ministère ne se fait sans les conseils, l'impulsion, les idées d'Alain Bauer!»
Pendant la campagne présidentielle de 2007, il aide son ami Nicolas, qui lui a imposé le tutoiement, à préparer ses grandes émissions de télévision, sur les questions de délinquance, de sécurité, de banlieues, de justice. Pour lui, Bauer, fumeur de gros cigares, organise un dîner avec 1 000 francs-maçons dans un grand hôtel parisien. Beaucoup de ses amis glosent sur son ambition d'être ministre.

«Alain Bauer entretient la peur qu'il suscite, car il aime ça»
Avant l'élection de Sarkozy, le joueur d'échecs était formel: «Il n'en est pas question. Ça a cessé de m'intéresser en 1994.» Aujourd'hui, il est moins catégorique. Et de souligner qu'il a déjà plus d'influence qu'un sous-secrétaire d'Etat. Mais le gastronome, dont la loge s'appelle justement le Banquet, redoute de perdre sa liberté de parole avec le «mari de Carla», plaisante-t-il: «On s'est déjà foutus sur la gueule au sujet de la nomination d'un préfet musulman!» Plus récemment, le toujours copain de Rocard lui a confié son désaccord au sujet de la supériorité supposée des curés et des pasteurs sur les instituteurs.
«Beaucoup le craignent, notamment au gouvernement, disent de lui plusieurs anciens grands maîtres du GO. Il entretient la peur qu'il suscite, car il aime ça.» Ses fréquentes interviews dans la presse agacent dans les loges. «Etre intelligent et brillant ne lui interdit pas de répondre aux médias», ironise son ami Claude Vaillant, grand orateur du GO (chargé du respect du règlement). Bauer invite les francs-maçons à assumer avec fierté leur appartenance, notamment ceux qui ont des responsabilités dans la société. Mais il est peu suivi. Du coup, il se ferme comme une huître si l'on évoque ses relations avec un frère du GO. Comme Thierry Vinson, devenu secrétaire général-adjoint de son groupe de travail sur les institutions publiques chargées de sécurité et de stratégie. Ou Stéphane Juvigny, au cabinet de «MAM». Ou encore Xavier Bertrand.




PS: un match d'initiés
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Par François Koch, mis à jour le 20/02/2008 15:22 - publié le 20/02/2008
Le maire de Paris n'en parle jamais: il a pourtant été initié, il y a une vingtaine d'années, au sein de l'une des deux loges l'Effort, à Paris. Mais il s'y ennuyait et n'a pas insisté. Aujourd'hui, très peu de francs-maçons l'entourent. Le conseiller d'Etat Bernard Pignerol, ami du sénateur et frère Jean-Luc Mélenchon, vient de le rejoindre. Il a prévu de soutenir Bertrand Delanoë contre Ségolène Royal dans la future bataille du congrès du PS.
Peu suspecte d'être influencée par les valeurs maçonnes, l'ancienne candidate à la présidentielle compte davantage de francs-maçons parmi ses proches (ou ex-proches). Durant la campagne, Ségolène Royal était entourée de frères bien connus, comme les maires de Dijon, François Rebsamen, et de Lyon, Gérard Collomb. Deux piliers de son équipe d'alors appartiennent au Grand Orient: le Parisien Christophe Chantepy et le Marseillais Patrick Mennucci. Par ailleurs, Yvette Roudy, membre de la Grande Loge féminine de France, lui avait apporté son soutien appuyé.




Quand les maçons reçoivent
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Par François Koch, mis à jour le 20/02/2008 15:33 - publié le 20/02/2008
Que sont ces mystérieuses TBF dont raffolent tant les frères du Grand Orient? Au cours d'une tenue blanche fermée, un profane vient plancher devant une assemblée d'initiés en tablier, dans un temple chargé de symboles maçonniques, et répondre à leurs questions. La liste de ces invités depuis trois ans révèle l'intérêt réciproque qui lie les «frères trois points» aux politiques.
Les personnalités de gauche sont évidemment les plus nombreuses: Laurent Fabius, François Hollande (invité de la loge la Rose et le compas), Michel Rocard, Ségolène Royal (invitée de la loge Persévérance avant de se décommander), Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Jean-Pierre Chevènement, mais également Fadela Amara (alors présidente de Ni putes ni soumises), Jacques Attali (ancien conseiller de François Mitterrand), Jean-Marie Bockel (alors maire PS de Mulhouse), Yves Cochet (député Vert), Charles Fiterman (ancien ministre PCF), Jean Glavany (ancien ministre PS), Bruno Julliard (ancien patron de l'Unef), Anne Hidalgo (première adjointe PS au maire de Paris), Bernard Kouchner (alors ancien ministre PS), Noël Mamère (député Vert), Arnaud Montebourg (député PS).

Les politiques de droite sont aussi régulièrement conviés
Même s'ils fréquentent moins les temples du GO, les hommes politiques de droite y sont régulièrement invités: l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, d'anciens membres du gouvernement comme Azouz Begag, François Baroin (ancien ministre UMP et fils d'un grand maître du GO), Jean-Louis Borloo (alors ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale), Christian Jacob et Dominique Perben. Et encore Christian Blanc (alors député UDF) ou Jean-Marie Cavada (député européen ex-UDF).

Les TBO attirent beaucoup moins de personnalités
Des hommes de médias sont accueillis, comme Patrick de Carolis (PDG de France Télévisions), Jean-Luc Mano (journaliste, aujourd'hui conseiller de certains ministres) ou Philippe Val (patron de Charlie Hebdo), le comédien Robin Renucci, le procureur de Nice Eric de Montgolfier, les intellectuels André Comte-Sponville, Alain Finkielkraut ou Elie Wiesel, les grands patrons Claude Bébéar (Axa) ou Daniel Bernard (quand il dirigeait Carrefour) et les syndicalistes Jean-Christophe Le Duigou (CGT) ou Jean-Claude Mailly (FO).
Les TBO, elles, attirent beaucoup moins de personnalités. Evidemment, puisque ces tenues blanches ouvertes font, à l'inverse des TBF, plancher des orateurs maçons devant un public où les profanes sont autorisés à se mêler aux maçons. L'invité membre d'une obédience accepte donc de se révéler aux yeux de non-initiés. Ce fut le cas des frères Guy Penne (ancien conseiller spécial aux affaires africaines de François Mitterrand), Francis Morel (directeur général du Figaro) ou Michel Tubiana (président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme). Ou encore celui de Véronique Vasseur (médecin chef de la prison de la Santé, membre de la GLFF).


tapis de Loge, sympathique et accueillant


Martine Aubry devant les francs-maçons
http://www.leparisien.fr/abo-politique/martine-aubry-devant-les-francs-macons-16-09-2008-227719.php
16.09.2008, 07h00

EN MARGE des tractations de précongrès, Martine Aubry continue de tisser sa toile. La maire de Lille interviendra cet après-midi au siège parisien du Grand Orient de France (GOF), la principale obédience maçonnique. Quatre cents frères sont attendus au temple de la rue Cadet pour écouter la profane Aubry. Aux premiers rangs de l’auditoire, Pierre Lambicchi, le grand maître élu le 4 septembre, ainsi que de nombreux parlementaires initiés.
A l’origine de cette « tenue blanche fermée » (une conférence dont le principal orateur n’est pas franc-maçon), on trouve la loge Roger-Leray, présidée par Jean-Francis Dauriac, un proche de Fabius.
Pendant une demi-heure, la dame des 35 heures traitera de « la gauche aujourd’hui », avant de se soumettre aux questions des francs-maçons. L’occasion pour elle de dissiper certains malentendus. Attachés au principe sacro-saint de laïcité, les francs-maçons s’étaient étonnés, en 2003, d’une décision de la maire de Lille d’accorder aux femmes musulmanes un créneau horaire spécifique dans une piscine municipale. A l’époque, cette mesure avait été prise au nom de la nécessaire émancipation des femmes. « Nous avons bien l’intention de lui rappeler que l’espace public doit être réservé à la neutralité politique et confessionnelle », explique Pierre Lambicchi.

«Une occasion rêvée de faire passer ses messages »
L’ancienne ministre de Lionel Jospin, qui ne possède pas de réseau aussi étoffé que ses rivaux au sein du PS, trouve en outre une tribune de choix. Si le Grand Orient de France se garde bien d’intervenir dans la vie interne des partis politiques, nombreux sont ses membres à être adhérents ou proches du PS. « Tous les courants seront représentés et c’est une occasion rêvée pour elle de faire passer ses messages », souligne un frère. Preuve que les dirigeants socialistes souhaitent établir ou maintenir des contacts avec la franc-maçonnerie, François Hollande avait fait un discours remarqué fin 2006 sur « la rénovation en politique », et le cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë, s’est dit intéressé pour intervenir prochainement.



temple maçonnique de Philadelphie
Avec cette religion-là, l'Égypte est mise à toutes les sauces (p.ex., Xavier Bertrand est chez les "filles d'Isis")


Exclusif - Xavier Bertrand: "Oui, je suis franc-maçon"
http://www.lexpress.fr/outils/imprimer.asp?id=470367
Propos recueillis par Christophe Barbier, mis à jour le 20/02/2008 - publié le mercredi 20 février 2008, mis à jour à 09:01

Sollicité par L'Express, le ministre du Travail, des relations sociales et de la solidarité, l'un des plus en vue du gouvernement, a accepté de jouer la transparence et d'expliciter les raisons de son engagement. Une première.

Pourquoi avez-vous intégré la franc- maçonnerie?
Je vous réponds parce que vous me posez la question et que je n'ai pas l'intention de me dérober. On ne peut mentir quand on est un responsable politique et qu'on représente les Français. De moi-même, je n'aurais pas pris l'initiative de parler, mais certains l'ont fait pour moi.

REUTERS/Benoit Tessier


A la sortie de l'Elysée, en novembre 2007.

J'ai effectivement adhéré, en 1995, attiré par le travail sur soi et sur les idées des autres que permet la franc-maçonnerie. Cela a développé en moi le sens de l'écoute, j'en avais bien besoin, et on en a toujours besoin! Dès 2004, lors de mon entrée au gouvernement, j'ai souhaité me mettre en retrait.

Depuis, je n'ai plus participé à aucune réunion, n'intervenant que deux fois cette année-là comme conférencier. Etre ministre prime tout autre engagement, ce n'est pas qu'un problème de manque de temps.

Vous allez plancher, le 9 avril, devant la loge Intersection: de quoi parlerez-vous?
Comme de nombreux acteurs politiques et sociaux, je suis invité à prendre la parole ès qualités. Le thème n'a pas encore été définitivement arrêté.

En 1995, pourquoi avoir choisi le Grand Orient, plutôt classé à gauche?
Ce n'est pas un choix par hasard. Je viens de la droite et ma logique d'ouverture aux autres et à leurs idées m'a porté vers le Grand Orient. J'étais alors au RPR, on ne pourra pas dire que j'ai fait ce choix pour faciliter mon ascension politique, ou alors il aurait fallu que je devienne député socialiste...

Que vous a apporté la franc-maçonnerie?
Un espace de grande liberté de parole, de plus grand respect, où l'on donne davantage de sens aux choses. Cette tolérance m'a d'ailleurs permis de concilier mon appartenance avec mes convictions religieuses. La franc-maçonnerie, c'est aussi ce qu'on y apporte.

Avez-vous confié votre engagement à Nicolas Sarkozy?
Non.

Que pensez-vous de ses positions sur la laïcité?
Je ne souhaite pas vous dire plus que les raisons de mon engagement franc-maçon.

Pourquoi ne pas nier votre appartenance, comme vous le permet la tradition du secret?
Rien n'interdit de parler. En tout cas, cela ne m'a pas effleuré un instant l'esprit. Un ministre ne doit pas mentir. Sinon, son action publique perd toute crédibilité.

D'autres ministres du gouvernement Fillon sont-ils francs-maçons?
Je n'en sais rien et ne veux pas le savoir.



A lire, un ancien site de très chers frères qui balancent les petites horreurs commises par d'autres très chers frères. On se souviendra que le procureur de la République Eric de Montgolfier avait été envoyé à Nice pour tenter de nettoyer les écuries d'Augias maçonnique qu'est le milieu judiciaire local. Il avait dû jeter l'éponge, la tâche relevant de l'impossible. Démocratie...
http://www.chez.com/hiram/


Une tristement célèbre et ennuyeuse secte vampirise nos rues tous les dimanches matins, venant annoncer la mauvaise nouvelle: les Témoins de Jéhovah. Beaucoup ignorent que le fondateur de ce mouvement maléfique était un haut initié maçonnique. Son grand discours de 1913 a eu lieu dans le plus grand temple maçonnique de Pasadena.

la Loge de Pensylvanie exhibe d'ailleurs le logo des TJ au dessus du siège de son maître. On se rend moins compte de l'accointance aujourd'hui, car cette secte est très instable dans ses "révélations" et "interprétations apocalyptiques" – à chaque échec de ses prévisions, elle chamboule tout. D'où la croix a disparu à partir de 1936 quand elle a "réécrit" la bible pour mieux coller à ses idées.

Très intéressant, le grand débat féministe au Grand Orient. Nul n'ignore qu'ils font le forcing au Parlement Européen (composé à 60% de francs-maçons de diverses obédiences) pour que les couvents & monastères chrétiens soient ouverts à la mixité, et que les femmes puissent aller en visite dans ceux des hommes et vice-versa. Et même chose pour la cléricature suprême - chez les catholiques et les orthodoxes, seuls certains hommes peuvent y accéder, donc même pas tout homme -, là aussi ils voudraient faire changer ça par voie législative. Oui mais pour ce qui est des Loges, là pas question!! C'est même si interdit que quand un d'entre eux enfreint la "règle sacrée," c'est le Grand Foutoir
http://www.rue89.com/2008/06/30/les-francs-maconnes-sinvitent-dans-les-loges-de-leurs-freres?page=1



Grande Orient de France, temple groussier
notez la devise au frontispice : pour être honnête, il leur faudrait sous-titrer "les femmes sont moins égales que les frères masculins"


169 franc-maçons sont suspendus pour avoir initié des femmes dans leurs loges !
http://www.lepost.fr/article/2008/10/10/1285378_169-franc-macons-sont-suspendus-pour-avoir-initie-des-femmes-dans-leurs-loges.html


La section permanente de la Chambre suprême maçonnique va prononcer la sanction le 17 octobre prochain.
Ainsi, 169 maçons du Grand Orient de France devraient être suspendus.
La tradition du Grand orient ne voulait que des hommes. Ils sont passés outre et ont initié 6 femmes au printemps dernier dans leurs loges.
C’est un vieux débat, puisqu’il remonte à 1869 !
Le nouveau grand maître Pierre Lambicchi a déclaré à L'Express : « 'est injuste que nous puissions passer pour machistes alors que depuis 1974, les loges du GO ont le droit de recevoir, comme invitées, des soeurs initiées dans d'autres obédiences, féminines ou mixtes. Ce qui ne se fait toujours pas à la Grande loge de France ou à la Grande loge nationale française »
Il y a déjà une pétition de soutien aux frères menacés de suspension. Elle s’appuie sur le fait que « le Grand Orient n'a jamais inscrit dans sa constitution l'interdiction d'initier des femmes ». Beaucoup de frères seraient favorables à la mixité.
Cette loge sera-t-elle le dernier bastion des « machos » dans la société française ?



tablier d'Helvétius qui a été légué à Claude Voltaire.

Celui qui n'était pas au courant comprendra ainsi mieux les orientations philosophiques de l'auteur de "Candide"


Chirac et les Francs-Maçons
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/chirac-et-les-francs-macons/917/0/50046
Publié le 19/01/2007
Le président n'a jamais dédaigné ce réseau de réseaux, mais a toujours entretenu le flou sur ses accointances maçonniques. Enquête sur un lobby discret qui a toujours été près du pouvoir

Sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée, ils sont un demi-millier. Cinq cents visiteurs associatifs venus recevoir les voeux du président pour l'année 2001. Après le discours, Alain Bauer, le jeune grand maître du Grand Orient, s'attarde en compagnie de deux « consoeurs » des loges féminines. Il rosit de plaisir en voyant Jacques Chirac fendre la foule pour se précipiter sur lui. Pas un regard présidentiel, ou presque, pour les deux dames qui l'accompagnent. Le maître des lieux le tire par la manche et lui dit : « Ecoutez, il y a une question que je veux vous poser depuis très longtemps : pourquoi est-ce que personne ne m'a jamais proposé de devenir franc-maçon ? » Embarras du grand maître, qui s'en tire comme il peut sur le thème de la porte toujours ouverte et de la vie qui invente.
Le président a toujours aimé entretenir un flou de coquette sur ses accointances maçonniques. Dans « Les frères invisibles » (Albin Michel), deux journalistes, Renaud Lecadre et Ghislaine Ottenheimer, affirmaient que Jacques Chirac aurait été initié dans une obédience suisse très élitiste, la Grande Loge Alpina. Le « no comment » de l'Elysée s'est accompagné de la rétractation des dignitaires francs-maçons qui avaient informé les auteurs. Le sujet serait trop sensible et, ajoute l'un d'eux au Point, « ce sont de toute façon des réunions très informelles, une fois par an, dans une ambiance amicale et de très haut niveau ». On voit mal, d'ailleurs, ce qui pourrait conduire un homme d'Etat à se ligoter volontairement avec un serment maçonnique bien encombrant. Mieux vaut, et Chirac, comme Mitterrand, ne s'en est pas privé, enrichir son entourage de frères bien ciblés, en accueillir parmi ses conseillers et ses ministres, en compter parmi ses amis et ses obligés.
Bien que profane, le président n'a jamais dédaigné ce réseau de réseaux, riche de 130 000 pratiquants. Dès les années 70, il aime à se présenter comme un ami de la cause. Cela ne coûte pas cher et peut toujours servir. A l'un de ses proches qui, à cette époque, lui demande, alors qu'ils sillonnent les routes de Corrèze en DS, s'il « en est », Jacques Chirac répond : « Mon grand-père l'était. Mais moi, toutes ces simagrées... ». Le grand-père instituteur, Louis, fut, comme tout maçon appliqué, vénérable de sa loge en Corrèze. Les jaloux assurent que son père n'aurait jamais réussi une aussi belle carrière chez Dassault sans appui fraternel. Aucune preuve, pourtant, ne vient à l'appui de ces insinuations.
Les « simagrées » - rituel, déguisement et gants blancs - le futur président les connaît néanmoins très bien. Le terroir radical qu'il sillonne depuis quarante ans considérait pour tout notable la capitation annuelle comme un impôt local supplémentaire, sans plus. Le député Chirac y a d'ailleurs acquis une manière d'être chaleureuse, à l'écoute, empathique que les loges encouragent et promeuvent. Pour résumer méchamment ce profil de « maçon sans tablier », certains évoquent son côté « Queuqueuille », en référence à l'ancien président du Conseil radical-socialiste et corrézien de la IVe République.
En mai 2001, le Grand Orient de France (GO) organise un colloque sur la « Dignité humaine ». Un raout d'envergure, où il est question de bioéthique, d'éducation et de mondialisation. Un rêve de franc-maçon nostalgique. Jacques Chirac fait un tabac. Il est vrai qu'il ne ménage pas ses compliments quand il s'adresse à l'auditoire comme à « des femmes et des hommes agissant sur l'époque » . Le président est très applaudi, plus que le Premier ministre, Lionel Jospin. Sauf qu'il est... absent. Il a envoyé un long texte dans lequel rien ne manque. Une belle « planche », de l'avis des connaisseurs. Pour se rendre populaire, il suffit donc parfois d'avoir de bons conseillers.
« En fait, assure l'un de ses proches, la franc-maçonnerie, il s'en fout. Pour lui, c'est un point d'ancrage parmi d'autres, sans plus. » Dès ses débuts ministériels, le jeune Chirac s'entoure de quelques frères influents, notamment dans le corps préfectoral, un des viviers maçonniques de la République. Ainsi, Robert Pandraud devient directeur adjoint de son cabinet au ministère de l'Intérieur. Puis Jacques Pélissier dirige son équipe quand il débarque à Matignon, en 1974, après la victoire de Giscard à la présidentielle. Cet ancien ingénieur agronome, passé par les cabinets de François Tanguy-Prigent et de Robert Lacoste sous la IVe République, connaît tout de la préfectorale. Il a représenté l'Etat de la Bretagne au Languedoc, en passant par le Lyonnais. Chirac le nomme, en 1975, patron de la SNCF. Et Pélissier reprend du service, à près de 70 ans, quand Chirac revient à Matignon, en 1986.

Dès son premier séjour à l'Hôtel Matignon, le futur président accueille aussi dans son cabinet le sous-préfet Jean- Pierre Delpont, un élève de Jacques Pélissier, ainsi que le champion olympique Guy Drut ou Jean-Claude Jolain, qui fera parler de lui, des années plus tard, comme patron des Mutuelles du Mans. Pour les connaisseurs, le taux de francs-maçons dans l'entourage ministériel chiraquien n'est pourtant pas démesuré. Mais ces deux années à Matignon sont l'occasion pour Chirac de tisser des liens plus profonds avec les « fils de la Veuve ». Jamais, sans doute, la loi Veil sur la contraception et l'avortement n'aurait pu passer sans l'appui des parlementaires francs-maçons. Le principal inspirateur de ce texte, le docteur Pierre Simon, était une sommité de la Grande Loge de France (GL). Son rapporteur, Henri Caillavet, occupait, lui, une place importante au Grand Orient. Le soutien que le Premier ministre a apporté à cette initiative politique périlleuse est resté, pour longtemps, dans la mémoire des frères.
Pour conquérir Paris, c'est une autre histoire. Longtemps sous tutelle préfectorale, la capitale emploie de nombreux maçons, regroupés au sein de la fraternelle de l'Hôtel de Ville, qui regroupe alors plus de 500 personnes. Chirac bat le rappel des amis. Philippe Dechartre, gaulliste de gauche, grande personnalité du Grand Orient de France, l'obédience laïque et progressiste, est appelé à la rescousse. Franc-maçon depuis la Libération, cet ancien résistant a rencontré Chirac en 1967, quand il était ministre dans un gouvernement de Georges Pompidou.
Dans la campagne pour l'élection du premier maire de Paris, en 1977, après la réforme du statut de la capitale, Jérôme Monod est déjà à la manoeuvre. Depuis la tour Montparnasse, où les chiraquiens préparent l'assaut, cet énarque protestant gère les invitations des obédiences aux fameuses « tenues blanches fermées », dont la règle est simple : un profane vient parler aux maçons, rien qu'aux maçons. « Je ne suis pas franc-maçon, allez-y, vous », dit Jérôme Monod à Jean-François Probst, alors jeune conseiller de l'équipe. Ils accompagnent finalement Chirac tous les deux jusqu'au temple de la Grande Loge de France, rue de Puteaux. Dîner au restaurant de l'obédience, le Club des Ecossais, où le candidat à la Mairie de Paris serre la main de nombreux parlementaires, puis discours devant les frères. Les deux conseillers n'ont pas le droit d'entrer, mais on les place dans les coulisses, où un petit trou permet d'écouter ce qui se passe à l'intérieur. « Humanisme et tolérance », c'est le thème du discours de Chirac ce soir-là, un texte écrit par Philippe Dechartre et Bernard Pons.
Pour gouverner Paris, il ne suffisait pas d'être élu. Le « troisième tour », celui qui permettait de se faire accepter par les réseaux, était peut-être le plus important. « En 1977, sur 29 adjoints à la Mairie de Paris, une bonne vingtaine étaient maçons », assure un ancien conseiller de la capitale dans « Les frères invisibles ».

1977, c'est aussi l'année où Michel Baroin, ami de Jacques Chirac, devient grand maître du Grand Orient de France. Cet ancien commissaire de police à la DST et aux Renseignements généraux a suivi un parcours insolite, puisqu'il fut patron de la Garantie mutuelle des fonctionnaires (GMF) avant de s'imaginer un destin présidentiel, puis de disparaître dans un étrange « accident » d'avion. L'ancien directeur des Renseignements généraux Jean-Emile Vié a écrit dans ses Mémoires que Baroin avait été envoyé au Grand Orient en service commandé par les RG. Une thèse discutable, puisque la demande d'adhésion de Baroin au GO, en 1959, est sensiblement antérieure à son entrée aux Renseignements généraux, en 1960. Avec le recul, beaucoup de membres « historiques » du GO, qui ont suivi de près l'ascension de Baroin et sont encore en poste, considèrent que, si entrisme il y eut de la part de ce grand maître atypique, il prit plutôt la forme d'une tentative d'OPA chiraquienne sur la direction de l'obédience. A la fin des années 70, le GO était une cible convoitée par tous les partis. Ses membres choisirent d'ailleurs, juste avant Baroin, le giscardien Jean-Pierre Prouteau comme grand maître, avant de pencher à gauche dans les années 80 sous la houlette du mitterrandolâtre Roger Leray.
A la Mairie de Paris, c'est aussi l'époque où les effectifs fraternels atteignent des sommets, avec l'arrivée de Didier Bariani ou d'Alain Devaquet, l'éternel conseiller de Chirac, qui dément une appartenance à la franc-maçonnerie pourtant bien établie, puisqu'il fut longtemps membre de la loge Demain, qui accueille aussi d'anciens ministres de Mitterrand.
Son échec à la présidentielle, en 1981, n'entame pas le crédit de Jacques Chirac auprès de la confrérie, bien au contraire. Tous les francs-maçons qui se reconnaissent plus ou moins dans le gaullisme ou qui n'ont pas envie de chanter « L'Internationale » sur le rythme de l'Union de la gauche trouvent bien du charme au maire de Paris. Depuis longtemps, le Carrefour de l'amitié, créé par l'industriel corrézien Eugène Chambon, radical- socialiste et chiraquien, donnait ses faveurs au futur président. Peu après la victoire de Mitterrand, de nouveaux clubs se créent. Le Cercle du 18-Juin, qui regroupe une centaine de gaullistes, mais surtout le CA 25, ou Comité d'action du 25 avril, de stricte obédience chiraquienne. Et pourquoi le 25 avril ? Parce que c'est la date de la première élection de Jacques Chirac à la Mairie de Paris. Trente maçons adhèrent d'emblée à cette drôle de fraternelle, créée par l'ancien député Michel Sy, alors membre de l'atelier Rénovation au Grand Orient de France. « Nous avons créé le CA 25 en réaction à l'élection de Mitterrand, raconte Michel Sy. A la fin des années 80, nous étions tout de même 2 000. »

La fin des années fastes
Parallèlement, Michel Sy est aussi président de la Fraternelle des hauts fonctionnaires, qui regroupe 400 sous- directeurs ou chefs de service d'administration centrale, présidents de tribunaux administratifs, magistrats de cours d'appel, inspecteurs généraux, universitaires. « Cette casquette apolitique me permettait de rabattre pour Chirac de manière plus discrète », s'amuse Michel Sy. Aujourd'hui, tout ce dispositif n'est plus que l'ombre de lui-même. Michel Sy est passé du GO à la GLNF en 1999. Les membres du CA 25 ne voient plus, depuis longtemps, le président en personne. Ils se consolent lorsqu'ils sont reçus à l'Elysée, hier par Patrick Devedjian, aujourd'hui par Roger Romani, deux hommes qu'ils considèrent comme des leurs. Pas bête, Sarkozy les a reçus au ministère de l'Intérieur, histoire de ne négliger aucun détail.
Mais les frères chiraquiens savent que les années fastes, celles où ils étaient cajolés par leur idole, sont aujourd'hui bien loin. L'arrivée de la gauche au pouvoir fut l'occasion pour certains de changer de camp, de rallier Chirac parce qu'en loge l'arrivée de ministres communistes au gouvernement n'enthousiasmait pas grand monde. Ils étaient alors accueillis avec des fleurs. L'un des financiers du Mouvement des radicaux de gauche, l'homme d'affaires Manuel Diaz, rejoint ainsi Chirac en 1983, à l'occasion des municipales. Ancien mécène de Robert Fabre, il offre alors au maire de Paris une ouverture à gauche en même temps qu'un débouché sur certains milieux d'affaires. Il est en effet administrateur-fondateur de multiples sociétés qui fleurent bon l'économie mixte, comme la Société d'études générales de constructions industrielles et civiles (Segic), la Société d'études générales pour l'aménagement du territoire (Segat), ou encore la Société d'études pour la restauration, l'hôtellerie et le commerce sur les autoroutes urbaines (Sehrcau).
Le nerf de la guerre, à Paris, ce ne sont pas seulement les élus francs-maçons, c'est le personnel. Cette armée de fonctionnaires territoriaux qui oeuvrent dans l'ombre s'occupe de la voirie, de la distribution d'eau, de la construction de parkings ou d'ouvrages municipaux. Pour mettre du liant, rien de mieux que de nommer quelques francs-maçons dans le haut encadrement. C'est ainsi que beaucoup de directeurs et chefs de cabinet qui se succèdent auprès du maire de Paris appartiennent à la confrérie.
La fraternelle de l'Hôtel de Ville est conquise par le nouveau maire, et certains de ses rouages poussent un peu loin l'esprit de service. Quand éclate l'affaire des HLM de Paris, une évidence s'impose aux magistrats chargés du dossier, à commencer par Eric Halphen : tous les protagonistes de l'affaire sont francs-maçons. « Pour obtenir un marché de la Ville de Paris, il était plus important d'être franc-maçon que d'avoir sa carte au RPR. La preuve, l'un des entrepreneurs, Jacky Chaisaz, membre du Grand Orient, était plutôt de gauche », s'amuse un connaisseur de ce dossier judiciaire, toujours pas clos. Alors que ces rouages logistiques se mettent en place, la Mairie est le camp de base de la course à l'Elysée, dont la préparation nécessite tous les moyens, toutes les énergies. Et beaucoup de francs-maçons aiment alors d'autant plus Chirac qu'ils deviennent des « déçus du socialisme ».

« Tu es gros, tu aimes bouffer... »
Car 1984 signe pour beaucoup d'entre eux la trahison de la gauche : Mitterrand recule devant la marée humaine que l'école privée parvient à faire défiler dans la rue. Le fameux « pacte laïque », auquel les frères du Grand Orient accrochaient tous leurs espoirs de peser encore un peu sur la société, part en fumée. La déception est immense.
Sur la route de l'Elysée, il y a la case Matignon. Quand il compose son gouvernement, en 1986, Chirac pense aux frères auxquels il réserve quelques portefeuilles. Ainsi dit-il au radical André Rossinot, auquel il offre le poste de ministre des Relations avec le Parlement, un univers où le port du tablier n'est pas contre-indiqué : « Tu es gros, tu es barbu, tu aimes bouffer et tu es franc- maçon. Ce poste est fait pour toi. » Mais la ferveur maçonnique ne fait pas l'élection. Malgré les tenues blanches, les cajoleries envers le Sénat, où le taux de frères demeure très élevé, Chirac est battu. Et les troupes se démobilisent pendant sept mornes années. Elles constatent que leur influence sur les grands projets législatifs est proche de zéro, mais ne croient plus en Chirac.
C'est donc une divine surprise quand apparaît, lors de la campagne de 1995, le thème de la fracture sociale dans le discours chiraquien. Le candidat fait salle comble au Grand Orient, par exemple, ce qui n'est pas toujours un signe infaillible, puisque, lors de la dernière campagne présidentielle, c'est Jean-Pierre Chevènement qui a gagné à l'applaudimètre, lors des auditions de candidats rue Cadet, siège de l'obédience.
Si le candidat Chirac a finalement été aidé par les réseaux maçonniques, c'est d'une manière inattendue, y compris de lui. En ce début d'année 1995, la guerre balladuro-chiraquienne monte d'intensité chaque jour. L'affaire Schuller-Maréchal place les électeurs devant la face la plus sombre de la politique. Pour compromettre le trop curieux juge Eric Halphen par l'intermédiaire de son beau-père (franc-maçon) Jean-Pierre Maréchal, le conseiller général (franc-maçon) de Clichy, Didier Schuller, membre, cela ne s'invente pas, de la loge Silence de la GLNF, accepte de remettre à ce dernier 1 million de francs en liquide. Il a prévenu les plus hautes autorités de l'Etat, à commencer par son mentor, Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur. Las ! la manipulation échoue. Les écoutes policières opérées sur Maréchal se révèlent illégales. Le président Mitterrand soutient publiquement le juge Halphen, qui garde l'instruction du volet parisien des Hauts-de-Seine.
Dans son livre « Je reviens » (Flammarion), Didier Schuller accuse son ami franc-maçon Francis Szpiner, avocat et conseiller de Jacques Chirac pour les « affaires », de l'avoir poussé à quitter la France précipitamment, en février 1995, en lui annonçant son arrestation imminente, ainsi que celle de sa jeune compagne. La fuite du frère Schuller fait mauvais genre pour l'équipe Balladur au pouvoir.
Aujourd'hui, à l'Elysée, Philippe Massoni, haut personnage de la Grande Loge de France, où il atteint le « 33e degré », le plus haut grade, est secrétaire général du Conseil de sécurité intérieure. Alain Devaquet est toujours là. Quant au nouveau secrétaire général, Philippe Bas, on lui prête, à tort assure-t-il, une appartenance maçonnique parce qu'il fut pendant trois ans le conseiller juridique du président Abdou Diouf à Dakar. Et l'Afrique est, comme chacun sait, une vieille terre de mission maçonnique. Les ministres ? Pas de premier couteau à tablier. D'après les comptes d'Alain Bauer, le grand maître du Grand Orient, ils seraient cinq : trois à la GLNF, un à la GL et une au Droit humain, obédience mixte. Les noms les plus fréquemment cités sont ceux de Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique, ex-sénateur et ancien président de l'Association des maires de France - qui dément -, de Patrick Devedjian, ministre des Libertés publiques, qui aurait fait au moins un tour à la GLNF, et de Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, qui aurait bénéficié du parrainage de Guy Drut, vieil habitué de la GLNF, qui a d'ailleurs légué sa circonscription de Meaux au jeune Copé. Renaud Dutreil, secrétaire d'Etat aux PME, aurait été récemment initié.

Le réveil du réseau
A part l'amusement qu'il y a à jouer à « Qui en est ? », le nombre de ministres maçons n'a plus, aujourd'hui, une grande importance. Beaucoup prêtent ainsi des liens maçonniques à Jérôme Monod, le vieil ami et conseiller de Jacques Chirac. La raison ? Cet énarque protestant fut, dans une autre vie, patron de la Lyonnaise des eaux, un secteur où la fraternité n'est pas un vain mot. Et alors ? Comme l'explique un dignitaire maçon, l'appartenance à une obédience d'un grand patron ou d'un personnage politique de premier plan présente plus d'inconvénients que d'avantages. Il suffit à un homme de pouvoir d'être lui-même entouré de frères et de se comporter amicalement à l'égard de ce réseau pour obtenir sa neutralité bienveillante, sinon plus. D'ailleurs, Jean-Marie Messier non plus n'était pas maçon. Il a pourtant hérité de la plus grande compagnie des eaux française, un vivier de frères. Il a juste commis une erreur : ne pas tenir compte de ces appartenances dans ses décisions. Il a réveillé le réseau quand il s'en est pris au printemps dernier à Vivendi Environnement. Le nombre de coups de téléphone hostiles qu'il a reçus l'a surpris. Jusqu'au président de la République en personne qui l'a appelé pour le sermonner en des termes peu amènes. Au point que J6M, avant sa chute, a demandé un jour, en présence d'un tiers, à un frère notoire : « Suis-je victime d'un complot maçonnique ? » Bien sûr que non, monsieur Messier. Simplement, les réseaux existent. Parce qu'ils trouvent, dans tous les entourages, des relais efficaces, les francs-maçons sont comme tous les organismes même un peu affaiblis : attaqués, ils mobilisent, sans nuance, toutes leurs défenses immunitaires


Mode d'emploi
Ils sont officiellement plus de 130 000, en réalité entre 80 000 et 90 000. La franc-maçonnerie, comme toute institution, a tendance à gonfler ses effectifs.

Parmi la multiplicité d'obédiences, cinq d'entre elles seulement peuvent revendiquer un poids politique.

Le Grand Orient de France (GO) , traditionnellement classé à gauche, est l'obédience la plus ancienne, qui regroupe environ 40 000 adhérents.

La Grande Loge nationale française (GLNF), souvent appelée « Bineau », en référence à son ancienne adresse, s'est lancée depuis une dizaine d'années dans une politique de recrutement massive. Forte de près de 30 000 frères, elle est la seule qui fasse une référence explicite à Dieu et qui soit reconnue par l'institution originelle, la Grande Loge unie d'Angleterre. Plutôt classée à droite, elle s'est montrée plus ambiguë que les autres à l'égard du Front national.

La Grande Loge de France (GL) se réfère, elle, au « grand architecte de l'Univers », ce qui lui permet d'accueillir en son sein croyants et agnostiques. Plus conservatrice que le Grand Orient, elle tend à s'en rapprocher depuis quelque temps.

L'Ordre mixte du droit humain présente le grand avantage d'admettre des femmes, qui représentent d'ailleurs plus des deux tiers de l'effectif. Elle a été créée en 1893 pour répondre au refus du Grand Orient d'accueillir des femmes.



La Grande Loge féminine de France n'existe que depuis 1945.
Les 10 000 soeurs qui s'y retrouvent ne pratiquent pas la mixité.

Quelles que soient leurs dissensions (les hiérarques du Grand Orient et de la GLNF, par exemple, ne s'apprécient guère), tous les frères pratiquent le même langage, un peu hermétique pour le profane. Réunis en atelier, ils écoutent les « planches », les exposés présentés par l'un d'entre eux sur les thèmes les plus divers.

La cotisation annuelle à la loge est appelée « capitation » -


Le mystère Raffarin
L'est-il ? L'a-t-il été ? Ignore-t-il tout, au contraire, des mystères de l'initiation ? Plusieurs francs-maçons de la Grande Loge nationale française l'assurent : Jean-Pierre Raffarin est des leurs. Il aurait été initié, au milieu des années 80, à Poitiers. C'était le début du Futuroscope, et tous ses promoteurs ou presque appartenaient au grand réseau. Parce qu'il n'était alors qu'un conseiller en communication dans la vie professionnelle, et qu'un conseiller municipal dans la vie politique, cette intronisation serait passée inaperçue.
Un haut fonctionnaire qui ignore tout de cette appartenance éventuelle s'exclame pourtant : « Jamais je n'ai vu autant de francs-maçons dans un cabinet à Matignon ! » Une réflexion qu'il convient de relativiser. D'une part, rien n'est plus difficile que de démasquer les frères avec certitude : il y a ceux qui nient, et au contraire les profanes qui feignent d'en être par amusement ou par carriérisme. Ainsi Jean-Paul Davin, conseiller parlementaire, est-il assurément franc-maçon, même s'il le dément. D'autres, en revanche, laissent planer le doute. La référence à la franc-maçonnerie, d'autre part, est là pour combler un vide : puisque l'équipe Raffarin veut représenter la France d'en bas, elle compte moins de technocrates, de membres de grands corps qu'une autre. La franc-maçonnerie vient à point combler le vide laissé en matière de réseau - S. C.


Le dédain de Juppé
Quand il était à la Mairie de Paris, il fallait bien qu'il s'en accommode. Mais, comme ministre des Affaires étrangères, déjà, il s'était évadé loin de l'univers maçonnique. Ses deux principaux conseillers d'alors, Dominique de Villepin, qui occupe aujourd'hui son fauteuil, et Maurice Gourdault-Montagne, conseiller diplomatique à l'Elysée, n'avaient guère de sympathie pour les fils de la Veuve. Au point qu'un témoin les entendit, un jour, récuser une candidature à une ambassade d'un : « Ah, pas lui ! C'est un franc-maçon. »
Ce n'est pas pour rien que l'inspection des Finances, le corps d'origine du maire de Bordeaux, ne compte presque aucun franc-maçon : ce super- réseau s'est longtemps suffi à lui-même. Comme ses collègues, le « cerveau Juppé » n'a sûrement jamais éprouvé le besoin d'aller en loge pallier une carence intellectuelle. « Et puis, vous l'imaginez en train de sacrifier au rituel ? demande un de ses proches. Vous le voyez se taire pendant un an, comme le veut la règle, et écouter impassiblement des plus gradés que lui raconter, parfois, d'énormes banalités ? »
Mais, pour conquérir Bordeaux, le sévère Juppé n'allait-il pas câliner quelques frères bien implantés ? Jacques Chaban-Delmas, son prédécesseur, ne s'en était pas privé. Eh bien non. Juppé n'a fait aucune concession. Les quelques potentats maçonniques qui siégeaient au conseil municipal ont été rétrogradés ou privés de délégation d'adjoint. Le nouveau maire préfère cultiver les autres réseaux bordelais, culturels ou associatifs. Il s'invite parfois à dîner chez les uns ou les autres, ce qui ne laisse pas de surprendre. En riant, mais en appréciant la performance, certains Bordelais ont surnommé ces repas « les dîners de cons » - S. C.



Le Grand Orient de France
http://www.terresdecrivains.com/Le-Grand-Orient-de-France.html
16 rue Cadet (appellée rue de la voirie jusqu’au XVII° siècle).
Le lundi 16 janvier 2006.
En 1940, le Grand Orient fut dissout et remplacé par un groupe anti-maçonnique dirigé par des occultistes chargés de la propagande destinée à discréditer l’Ordre dans l’opinion, avec des accusations de sorcellerie et toutes sortes de crimes et de complots.

Par Bernard Vassor

La voirie était le lieu ou l’on déversait les déchets et les ordures. Cette partie des marais du quartier des porcherons était sur le passage de l’égout, une berge qui servait à la fois d’avenue et de lieu de déversoir au réceptacle d’immondices, favorable aux cultures maraîchères.

En 1670, le jardinier Etienne Pevrier et sa femme, Elisabeth Cadet, achetaient à Jean Saulnier et Michelle Baudin plusieurs pièces de terre cultivée dans la censive des checier, chanoine et chapitre de l’église Saincte-Opportune à Paris, sieurs des Porcherons du fief de Coquatuse, Huran et autres fiefs assis à la place aux Veaux.

L’abbesse de Montmartre, Mme de Lorraine était aussi une dame des Porcherons.

Le Clos Cadet appartenait en 1694 à Marie Ranier, épouse de Mathieu de Montholon, conseiller du Châtelet. C’était une petite maison avec trois arpents de marais, clos de murs, la face centrale en regardait la place du même nom, par-dessus le mur ou à travers une grille, et la Croix Cadet surgissait au même angle, mais la porte qui donnait dessus prit le nom du dudit Montholon.
Un chemin attenant conduisait à l’égout de la ville (rue Richer)

La maison qui nous occupe dans cette voie, a été la propriété du duc de Richelieu sur un terrain appartenant à madame de la Mark.

Elle fut un hôtel de campagne du prince de Monaco avec ses écuries de l’autre côté de la rue (des numéros 7 à 13 [1]).

En 1858, le prince Murat qui était le Grand Maître du Grand Orient de la rue du Pot-de-Fer (Bonaparte), acheta la propriété pour y établir le siège de l’obédience maçonnique juste à côté du Casino-Cadet qui était inauguré la même année.



Le prince Murat, candidat à sa succession fut victime d’une cabale du prince Napoléon qui était sur les rangs. Le conflit fit rage, la police et les forces armées furent appelées à la rescousse.

L’Empereur interdit aux deux belligérants de poser leur candidature, et imposa par décret du 11 janvier 1862 le maréchal Maignan, connu pour sa férocité pendant la campagne d’Algérie et dans le coup d’état du 2 décembre, provoquant l’hostilité des maçons.

Aujourd’hui, le bâtiment abrite une superbe musée, récemment restauré, une bibliothèque réservée aux chercheurs et une librairie spécialisée.

Archives BHVP
Delamare : Traité de la PoliceArchives de Paris
Felix Lazare : Dictionnaire administratif de Paris

[1] Voir l’article Hôtel Cromot-Dubourg « L’anthroponyme Pleyel » sur www.parisneuvieme.com, rubrique Histoire 1 juillet 2005.


Les nouveaux francs-maçons
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/les-nouveaux-francs-macons/917/0/220316
Nicolas Sarkozy s'apprête à leur rendre visite-une première. Leurs réseaux se multiplient et le nombre d'adhésions ne cesse de croître. Voyage au coeur des confréries proches du pouvoir.
Sophie Coignard

C'est une anecdote qui a fait le tour des milieux policiers. Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a écrit à plusieurs responsables syndicaux pour se rappeler à leur bon souvenir. Et certains ont cru discerner dans sa signature trois points correspondant à un paraphe maçonnique. « C'était un sujet de conversation quand il était Place Beauvau, où il y a beaucoup de francs-maçons , raconte un syndicaliste qui n'appartient pas à la famille. En fait, il semble qu'il avait une signature à géométrie variable. » Un fait confirmé par Alain Bauer, l'ancien grand maître du Grand Orient de France, aujourd'hui proche du président : « J'ai plusieurs lettres de lui sur un mur de mon bureau, s'amuse-t-il. Il n'y en a pas deux qui sont signées de la même manière. » Alors, pourquoi le fantasme collectif aurait-il vu trois points là où il n'y avait rien à signaler ? « C'est d'autant plus idiot que les francs-maçons savent que Nicolas Sarkozy ne l'est pas, tandis que les autres, au mieux, n'en ont rien à faire », poursuit Bauer. Peut-être. Mais le succès remporté par cette « non-histoire » en dit plus qu'une longue démonstration sur l'influence prêtée aux frères.

D'ailleurs, le président vient d'accepter l'invitation du Grand Orient de France (GO) à se rendre à une tenue blanche fermée. Une première dans l'histoire de la Ve République, puisque aucun chef de l'Etat en exercice n'a ainsi franchi les colonnes du temple depuis... Albert Lebrun en 1932. Après le discours de Nicolas Sarkozy, à Rome, sur les « racines chrétiennes de la France », Jean-Michel Quillardet, le grand maître du Grand Orient (GO), s'est ému publiquement de la menace implicite sur la laïcité que recelaient de tels propos. Il a réuni quelques anciens grands maîtres pour demander collectivement un rendez-vous à l'Elysée . C'est au cours de cette rencontre qu'a été lancée l'invitation. Après avoir rassuré ses hôtes sur le fait que la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne subirait que des aménagements techniques mineurs, le président conclut ainsi :

« Vous ne pouvez tout de même pas me reprocher de lancer le débat...

-Mais nous serions heureux qu'il se poursuive au Grand Orient de France, répond Jean-Michel Quillardet.

-J'attends votre invitation officielle. »

Celle-ci n'a pas encore été envoyée mais la date et la forme sont à peu près arrêtées. Ce sera après les municipales, en mai ou en juin, avec une allocution d'accueil du grand maître, un discours de Nicolas Sarkozy sur un thème de son choix, puis quelques questions de la salle.

Les francs-maçons ont rarement été aussi bien traités par un chef de l'Etat. Ces bonnes dispositions ne peuvent pas résulter de la proportion de ministres initiés au sein du gouvernement : elle est quasi nulle, si l'on excepte le cas, non négligeable il est vrai, de Brice Hortefeux, qui a longtemps fréquenté la Grande Loge nationale française (GLNF). Alain Bauer aurait pu faire augmenter la proportion, mais il a refusé à deux reprises, la première fois quelques mois avant l'élection, la seconde à la fin de l'année dernière, de devenir ministre délégué à la Sécurité publique, préférant rester l'« expert en tout » du président, de la banlieue à la criminalité en passant par les jacqueries étudiantes.

A l'Assemblée nationale et au Sénat ? Les connaisseurs voient un peu plus d'un parlementaire sur dix appartenir à la confrérie. « Certains ne se dévoilent vraiment pas, explique l'un d'entre eux, plutôt partisan de la transparence. Et puis d'autres doivent-ils être comptés comme tels, alors qu'ils ont passé six mois en loge il y a trente ans ? » Et de citer le cas de Christian Poncelet. Soutenu par les frères de la haute assemblée lorsqu'il s'est présenté à la présidence du Sénat, celui-ci est souvent présenté comme maçon et ne dément pas, allant même jusqu'à distribuer des poignées de main « codées », avec pression du majeur, aux dignitaires maçonniques.


Le GO contre Sarko ?

L'épisode de l'amendement sur les tests ADN, à l'automne dernier, a été l'occasion de mesurer l'influence fraternelle dans les hémicycles et de constater que celle-ci ne s'exerce pas de manière univoque. Alors que le Grand Orient prend publiquement position contre l'amendement et le principe, le président de la fraternelle parlementaire, le député PS Pierre Bourguignon, tente de mobiliser ses troupes. « Mais les francs-maçons se sont dispersés au moment du vote, car la discipline de groupe l'emporte sur cette appartenance , regrette Jean-Michel Quillardet. Je crois que la solidarité était d'autant plus difficile à tenir que Thierry Mariani, l'auteur de l'amendement contesté lui-même, est très proche de la GLNF. »

Que reste-t-il, alors, de l'influence maçonnique ? D'abord, une force numérique qui ne cesse de croître. Au Grand Orient, les effectifs augmentent de 1 000 personnes par an, pour atteindre environ 50 000 membres, alors qu'ils n'étaient que 30 000 au plus fort de la IIIe République. « Cette vague d'adhésions a commencé il y a plusieurs années mais elle ne se ralentit pas, constate Pierre Mollier, directeur de la bibliothèque de l'obédience et du Musée maçonnique. Elle concerne pour beaucoup des cadres moyens, des professions libérales, de hauts fonctionnaires aussi. Mais le profil typique, c'est le médecin de 40 ans qui a beaucoup travaillé et vécu dans la camaraderie pendant ses longues études, puis s'est trouvé esseulé dans son cabinet et veut retrouver à la fois un lieu d'échanges et un centre d'intérêt dans sa vie. »

Une vision quelque peu idyllique de l'engagement, qui, dans certains secteurs comme la police, l'Education nationale ou les entreprises publiques, reste un notable accélérateur de carrière. Sans parler de l'immobilier, ou de tout ce qui concerne les prestations offertes aux collectivités locales, où certaines loges sont presque consacrées au business.


Combien de divisions ?

Vous avez dit business ? A l'énoncé de ce mot fatidique, tous les regards se tournent vers la GLNF, dont l'image a été meurtrie dans les années 90 par divers scandales. Forte de la reconnaissance que lui offre Londres, berceau de la franc-maçonnerie dite « régulière », celle-ci pratique un ostracisme certain à l'égard des autres obédiences, comme la Grande Loge de France (GL) ou le Grand Orient, qui en sont plus qu'agacés. La GLNF comptait 5 000 adhérents il y a vingt ans et revendique un effectif de 38 000 personnes, en croissance de 3 500 nouveaux arrivants chaque année : « 38 000 frères appartenant à des catégories socioprofessionnelles élevées et dotées de capacités de réflexion, est-ce que ça constitue une force d'intervention et d'influence ? Bien sûr que oui », s'exclame avec satisfaction François Stifani, le tout nouveau grand maître de la Grande Loge nationale française, qui assure que la frénésie prosélyte de ces dernières années est révolue. Ce n'est pas l'avis des frères des autres obédiences, outrés par l'agressivité commerciale, si l'on ose dire, de la GLNF.

Exemple : à Valence, dans la Drôme, a longtemps existé une seule loge, affiliée au GO. Le vénérable est un chef de service hospitalier, et l'on trouve parmi les membres un magistrat, plusieurs médecins et d'autres professions libérales. Un grand classique de la maçonnerie provinciale. Au fil du temps sont apparus d'autres ateliers relevant de la GL, de Droit humain, obédience mixte plutôt classée à gauche, et de la Grande Loge féminine de France (GLFF). Tout ce petit monde vivait en bonne intelligence jusqu'à la fondation d'une loge de la GLNF. Des cadres de cette obédience venus des environs ont été missionnés pour trouver un local, assurer une tenue par mois dans la ville et créer ainsi une loge montée de toutes pièces qui n'accueillait, au départ, aucun habitant de la ville. Puis ils ont établi la liste de personnes « socialement intéressantes », auxquelles ils ont adressé un courrier pour se présenter et leur proposer de les rejoindre. « Comme toujours avec le marketing direct, même appliqué à la franc-maçonnerie, la plupart des destinataires ont jeté la lettre au panier. Quelques-uns se sont manifestés tandis que d'autres étaient déjà dans des loges concurrentes, et se sont indignés de ce racolage déloyal, raconte un responsable du Grand Orient en province. A supposer que nous voulions nous aligner sur eux, nous ne pourrions pas : nous nous ferions lyncher par nos adhérents. »

Le GO, pourtant, a répliqué à ce dynamisme un peu excessif en organisant des sortes de séances d'« amphi-retape » dans les facultés et dans les grandes écoles. Une révolution dans la maison, avec pour objectif affiché un rajeunissement des cadres et comme résultat quelques adhésions et des scènes parfois cocasses. A l'Institut d'études politiques de Bordeaux par exemple, ville où la maçonnerie est solidement implantée, un étudiant demande à Alain Bauer, parti en terre de mission, si Alain Juppé est franc-maçon :

« Non, ça n'aurait pas été possible, répond ce dernier.

-Pourquoi ? interroge l'étudiant.

-Car Alain Juppé aurait tout de suite voulu être grand maître, et comme il n'aurait supporté personne, il se serait retrouvé seul dans sa loge. » Une sortie qui a connu un certain succès parmi le public, un peu surpris...

La Grande Loge de France se montre beaucoup plus discrète, comme le souligne son grand maître, Alain Graesel : « Je fais une réunion publique par semaine autour d'un thème qui peut être la spiritualité non religieuse, la refondation d'un humanisme modernisé ou les conséquences éthiques des progrès scientifiques. La dernière, à Saint-Etienne, a tout de même réuni 450 personnes, dont la moitié seulement étaient des maçons. Mais nous ne sommes ni favorables au prosélytisme, ni partisans de nous impliquer dans les débats politiques tels que le trou de la Sécu. Ce qui nous intéresse, c'est la " méta ". Pour le reste, pas besoin d'être franc-maçon, il suffit de se comporter en citoyen responsable. »

Le nombre de divisions, de plus en plus important, de chaque obédience, à commencer par la GLNF, est la première raison qui incite les pouvoirs en général à tenir les francs-maçons pour des quantités non négligeables, et le réseau qu'ils forment, malgré leurs querelles de chapelle, pour un vecteur d'influence à ménager, voire à flatter. Avant d'être invités à l'Elysée, les grands maîtres ont été reçus, en novembre 2007, par François Fillon à Matignon, et Jean-Michel Quillardet, du GO, par Michèle Alliot-Marie Place Beauvau.


Les forteresses maçonniques

La persistance de bastions inexpugnables, ensuite, donne une assise à l'institution. La plus grosse fraternelle (regroupant les frères par corps de métier, au risque d'augmenter les dangers de collusion et de trafic d'influence) est celle de l'Education nationale, qui compte près d'un millier de personnes, suivie par celle du ministère de l'Intérieur, baptisée « Club La Reynie », forte de plus de 700 membres. La statistique d'un quart des commissaires francs-maçons a longtemps couru et est désormais exagérée, mais toutes les obédiences sont représentées parmi les forces de l'ordre, avec une prédilection pour la sécurité publique et le renseignement. Le Grand Orient se taille la part du lion dans cette clientèle massive. « Certaines loges sont composées de policiers à plus de 60 % , raconte un ancien vénérable. Quand je présidais la mienne, il m'arrivait d'appeler un de mes homologues, dans un autre atelier, pour lui demander d'accueillir un flic, parce que nous affichions complet chez nous. » Jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est privé d'un conseiller franc-maçon, capable de discuter avec les syndicats policiers et de décrypter un organigramme non publié où les hiérarchies sont parfois inversées par le poids maçonnique de chacun. Au côté du Club La Reynie, qui ratisse large, la préfecture de police de Paris a sa fraternelle propre, de même que les hauts fonctionnaires de tous les ministères et des cénacles plus spécialisés comme le Cercle Joffre, consacré au monde du renseignement et tellement à cheval sur le secret de l'appartenance qu'il n'invite que des conférenciers eux-mêmes initiés, donc tenus à la discrétion sur les membres qu'ils auraient pu reconnaître.

Le secret, dans la police, pose un problème spécifique qui demeure un sujet tabou : comment un frère exerçant des fonctions d'autorité dans des enquêtes sensibles s'arrange-t-il avec le serment maçonnique qu'il a prononcé, dans le cas où des frères se trouvent mis en cause dans le dossier ? La question n'est pas seulement théorique. « la plupart des francs-maçons n'ont rien à voir avec les affaires financières, mais on trouve souvent des francs-maçons dans ces dossiers-là » , assure un magistrat. Actuellement, une affaire en cours d'instruction pour abus de biens sociaux à Paris implique plusieurs frères, parmi lesquels deux anciens policiers, dont un très haut gradé, qui savent, à l'occasion, aller aux nouvelles chez leurs anciens collègues.

Le mouvement de privatisation a beaucoup nui à l'influence maçonnique, qui a toujours recruté massivement dans les entreprises nationalisées. EDF ou Air France, mais aussi La Poste, où, aujourd'hui encore, une promotion sur deux ou trois est accordée sur des critères d'appartenance fraternelle. Mais, à l'inverse, l'essor du mouvement associatif ne peut que favoriser celui des francs-maçons, qui sont présents en masse dans de grosses machines comme la Ligue de l'enseignement ou de grandes institutions de défense des handicapés, par exemple.

L'influence, enfin, est surtout locale, municipale ou départementale. Un haut fonctionnaire en poste à Limoges a mis du temps à comprendre que l'ex-député (et ancien magistrat) Alain Marsaud était un franc-maçon moins gradé que le maire socialiste de la ville. Un détail qui n'en est pas un dans une ville où plus de la moitié des décideurs portent le tablier.

A Bergerac s'est tenu, le 13 novembre, un procès surréaliste opposant deux anciens dirigeants d'une grosse association locale gérant des centres d'aide par le travail pour les handicapés. Une affaire compliquée mais dans laquelle tous les protagonistes sont francs-maçons, puisque le principal mis en cause, Charles-Marie Girault, a été introduit au Grand Orient par le représentant de la partie civile, lui-même défendu par le bâtonnier, ancien vénérable de la loge. Toutes ces appartenances ont fait l'objet de dépositions et d'échanges inhabituellement vifs devant le tribunal. « Les liens maçonniques entre les parties, avérés en cours d'instrucrtion, ont parfois pesé sur la procédure » , note Me Thibault de Montbrial, avocat de Charles-Marie Girault. Il est vrai que ce dossier, assez insignifiant sur le fond, mobilise la justice française depuis huit ans, à la suite d'une décision de la chambre de l'instruction de Bordeaux qui exigeait un renvoi en correctionnelle. Il a donc fallu attendre le 15 janvier pour revenir à la case départ, avec un jugement de relaxe favorable à Charles-Marie Girault, celui qui avait révélé les liens maçonniques unissant tous les protagonistes.

A Lyon, Gérard Collomb et certains adjoints n'ont jamais fait mystère de leur appartenance. Une manière de couper court aux fantasmes qui circulaient en ville.

Mais voilà : les francs-maçons qui acceptent avec décontraction de dévoiler leur appartenance sont encore très minoritaires. Un vrai problème dans une démocratie moderne et libérée de toute menace totalitaire, susceptible de relancer une « chasse au maçon ». Mais peut-être ce réseau tire-t-il une grande partie de son influence et de son aura de cette obligation de silence, qui permet à chacun de se dévoiler mais qui interdit à tous de révéler l'appartenance de l'un des leurs.


Vrais-faux et faux-vrais francs-maçons

Autour du président, le député maire Patrick Balkany, proche parmi les proches, envoie un courrier comminatoire de démenti à quiconque mentionne son appartenance à la GLNF, qui fait pourtant figure de secret de Polichinelle parmi les frères, tout comme le passage sous le bandeau du patron de l'UMP, Patrick Devedjian, qui dément pourtant toute appartenance. Le département des Hauts-de-Seine est cependant une terre fertile pour la maçonnerie, qui a compté parmi les siens de nombreux maires, tel Achille Peretti, prédécesseur et parrain de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly. Manuel Aeschlimann, député maire d'Asnières, a raconté à d'anciens collborateurs son initiation à la GLNF, à la fin des années 90. Plaisanterie ? Goût de la mystification ? Il se déclare en tout cas « surpris » que l'on puisse l'imaginer franc-maçon, et affirme n'avoir jamais fréquenté une loge.

Certains, à l'inverse, sont poursuivis par une réputation usurpée. C'est le cas du secrétaire d'Etat André Santini, que ses rondeurs pourraient faire passer pour un habitué des agapes, cette troisième mi-temps des tenues fermées. Ou encore de Michel Charasse, sénateur et ancien ministre, unanimement perçu comme franc-maçon, en raison notamment de son anticléricalisme revendiqué. Pour lui être agréable, son ami Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient, lui a signé un document tout à fait singulier et dont la valeur autre qu'humoristique est d'ailleurs contestable : un certificat de non-appartenance à la franc-maçonnerie !

A la conquête de terres étrangères

L'Europe des frères n'est pas pour demain ! Rien que les Belges et les Français du Grand Orient sont en désaccord sur la manière de s'unir. Les premiers souhaitent une sorte de super-grande maîtrise située à Bruxelles. Les seconds veulent opter pour une plus grande souplesse. Il est vrai qu'ils sont déjà bien occupés sur le reste de la planète, où les deux « leaders », le GO et la GLNF, se disputent les « marchés extérieurs » avec une opiniâtreté surprenante. En Europe de l'Est, où la tradition renaît après une longue glaciation communiste, le GO a pris de l'avance. Des maçons polonais et bulgares qui ont été initiés en France ont créé dans leur pays des loges adossées à l'obédience de la rue Cadet, qui en fédère ainsi une quarantaine en dehors du territoire national. Il y a ainsi trois loges au Liban, et Jean-Michel Quillardet, l'actuel grand maître, s'est rendu lui-même en Israël pour l'allumage des feux d'un atelier il y a deux ans. Le théâtre des opérations, en termes de luttes d'influence, se tient en Amérique du Nord, où les frères sont affiliés à la maçonnerie anglaise, comme la GLNF. Mais leurs cénacles se sont peu à peu transformés en clubs chics, si bien qu'une poignée de purs et durs voudraient créer... le Grand Orient des Etats-Unis S. C.

Des dictateurs en tablier
Le 1er décembre 2007, le président du Congo, Denis Sassou-Nguesso, grand maître de l'obédience qu'il a installée dans son pays, se rendait en voisin à Bangui pour implanter la loge « Amour et solidarité », reconnue par la Grande Loge nationale française, et dont le grand maître n'est autre que son filleul en maçonnerie, le président de la République centrafricaine, François Bozizé. « Amour et solidarité », un nom de baptême à l'ironie cruelle au regard du chaos qui règne en Centrafrique. Mais voilà : pour qu'une nouvelle obédience s'installe dans un pays, elle doit être reconnue par une obédience existante. Aux temps des colonies, la franc-maçonnerie s'était implantée fortement en Afrique francophone, sous la bannière du Grand Orient. Avec les indépendances, le pouvoir fraternel aussi s'est transféré vers les plus hautes autorités locales. Aujourd'hui, c'est la GLNF qui a récupéré la mise. De nombreux chefs d'Etat africains sont francs-maçons, et beaucoup, tel Omar Bongo, au Gabon, ou Denis Sassou-Nguesso sont également grands maîtres de l'obédience locale qu'ils ont créée, sous l'égide de la GLNF.

Les autres obédiences françaises, en effet, voient d'un mauvais oeil ces initiations de chefs d'Etat, où le nouvel arrivant est immédiatement bombardé au grade de maître, sans passer par celui d'apprenti. Ces petits arrangements avec le rituel et la tradition devraient beaucoup à la ressource financière enviable que ces affiliations « prestigieuses » procurent à la GLNF, dont le grand maître, François Stifani, hausse les épaules lorsqu'on évoque devant lui le malaise provoqué par l'alignement de ces dignitaires pas toujours démocratiquement très fréquentables : « Bien sûr que nous revendiquons l'initiation de chefs d'Etat. Notre rêve n'est-il pas qu'un chef d'Etat en France porte un jour nos couleurs ? » Et le manquement de certains de ces chefs d'Etat aux règles élémentaires de la démocratie ? « Nous aussi sommes les héritiers, en France, de gens qui sont arrivés au pouvoir par la révolution et par la force. D'ailleurs, savez-vous que le président du Congo a créé lui-même la maison du maçon à Brazzaville, financée sur ses deniers personnels ? »

Pour nuancer la mauvaise image que peuvent répercuter ces dictateurs en tablier, François Stifani insiste sur le rôle pacificateur que joue son obédience en Afrique : « Il est vrai que nous pouvons, à l'occasion, servir de relais même sur des questions politiques ou géopolitiques, comme ce fut le cas au Tchad il y a quatre ans avec l'aide de la grande loge africaine. » Le président tchadien, Idriss Déby, fait en effet partie, lui aussi, de la famille, tout comme celui du Bénin. Est-ce pour ne fâcher aucun de ces « chers » frères que la GLNF a condescendu tardivement, en 1990, à abandonner la devise sur sa bannière : « Grande Loge indépendante pour la France et les colonies » ? S. C.

Les enfants de Cambacérès
A ppartenir à un réseau, c'est bien, à deux, c'est mieux ? Les Enfants de Cambacérès se défendent de constituer un réseau, préférant se voir comme une assemblée heureuse d'échanger dix fois par an « avec humour et intelligence ». Cette association a été créée en 1999 par Donald Potard. Cet ami d'enfance de Jean-Paul Gaultier, qui a dirigé pendant près de vingt ans les affaires du créateur avant de devenir PDG d'Ungaro Europe et de Castelbajac, était membre de la GLNF depuis quelques années quand fut votée la loi instaurant le pacs : « Les choses étaient en train de changer plus vite dans la société française que dans la franc-maçonnerie, qui demeure un milieu assez macho. C'était un comble à mes yeux, car les valeurs de tolérance ne se divisent pas. » Au début, ils n'étaient que deux, et ont décidé de procéder par cooptation à l'intérieur de leur obédience. En 2002, ils ont déjà recruté à l'extérieur de leur obédience d'autres frères et soeurs. Suffisamment pour constituer une association loi de 1901 en bonne et due forme. Ils revendiquent l'héritage de Cambacérès, homosexuel, archichancelier de l'Empire, grand maître adjoint du Grand Orient de France et rédacteur du Code civil.

Les 120 adhérents ont tous été admis à la suite d'une sorte de grand oral où il convient d'exciper non seulement de sa double qualité de franc-maçon et d'homosexuel(le), mais aussi d'un engagement militant. Ainsi est née la première fraternelle homosexuelle au monde. « C'est un lieu d'échanges et de parole avant tout, explique Donald Potard. Il se trouve que l'on n'a pas forcément envie de dire que l'on est gay dans un cadre maçonnique, et inversement, pas toujours envie de parler de notre engagement maçonnique avec nos amis gays. » Mais pas question de rester entre soi. Les Enfants de Cambacérès invitent régulièrement des politiques, des intellectuels, des écrivains autour de thèmes comme l'image des gays dans les médias ou encore l'homosexualité et les religions. Ils se retrouvent une fois par mois dans un lieu parisien qui varie et ne désespèrent pas d'essaimer un jour en province. En attendant, ils appliquent la parité, puisque le successeur de Donald Potard est une femme, Dominique de Souza Pinto, consultante en relations publiques, qui a notamment lancé la chaîne Pink TV. « Et ne croyez pas que les gens viennent chez nous pour se faire un carnet d'adresses ou réaliser des affaire s, assure-t-elle. Ceux qui s'y essaieraient ne tiendraient pas longtemps. » Les voilà prévenus... S. C.

En être ou pas
Gérard Collomb, le maire PS de Lyon, ou Pierre Bourguignon, le président de la fraternelle parlementaire et député PS de Seine-Maritime, ne font pas mystère de leur appartenance. Brice Hortefeux, en revanche, oppose un « no comment » aux questions sur ses liens avec la franc-maçonnerie. Quant à Christian Poncelet, il a bénéficié du soutien des frères lors de son élection à la présidence du Sénat. Certains d'entre eux s'amusent du flou artistique qu'il entretient sur son appartenance.

TENTATIVE DE PARITÉ

I ls étaient quinze hauts gradés de la GLNF qui décidèrent, en 2003, de claquer la porte pour aller créer une nouvelle obédience, la Grande Loge des cultures et de la spiritualité (GLCS). « Cela pouvait paraître un peu ridicule de créer une structure alors qu'il existait déjà neuf obédiences, explique François Thual, grand maître d'honneur et par ailleurs professeur de géopolitique à l'Ecole de guerre. Mais nous refusions à la fois l'affairisme, la bureaucratie et le conservatisme qui empêchaient tout retour aux origines de la maçonnerie, que l'on pourrait résumer par la trilogie "liberté, égalité, spiritualité". » Aux origines de leur agacement se trouve notamment le refus d'initier des femmes. « En trente-deux ans de maçonnerie, je n'ai jamais trouvé personne qui soit capable de fournir une raison convaincante à cette non-mixité, s'indigne Marcel Laurent, l'actuel grand maître de la GLCS. On m'a souvent expliqué que les épouses ne laisseraient pas leurs maris aller en loge s'il y avait d'autres femmes. Dans ce cas, elles devraient aussi leur interdire de se rendre à leur travail ! »

Ce haut gradé-il a atteint le 33e degré, le plus élevé dans l'échelle maçonnique-n'a jamais été d'une docilité à toute épreuve. Quand, dans les années 80, le président du Gabon Omar Bongo, grand maître de l'obédience locale, sous le haut patronage de la GLNF, lui est présenté lors d'une cérémonie à l'hôtel Méridien, à Paris, il refuse de lui serrer la main. « Si les témoins ne comprenaient pas pourquoi, lui au moins le savait. »

Les quinze fondateurs appartiennent tous à la caste des décideurs, puisqu'on y trouve, notamment, le général René Imbot, ancien patron de la DGSE, le général Jeannou Lacaze, un dirigeant d'EDF, un directeur de l'administration pénitentiaire, un cadre de la DGSE, un autre de la DST, un juge d'instruction, un procureur, un ancien député... Ils ont recruté dans leur réseau amical et fédèrent aujourd'hui 350 personnes, dont 20 % de femmes. Le profil de ces soeurs ? Une avocate, une gestionnaire de fortune, une directrice commerciale, la responsable d'une grande marque de parfums...

Les dirigeants sont fiers d'avoir instauré une liberté en loge, tout en respectant la tradition. Chaque nouveau venu est prié de prêter serment non pas sur la Bible, mais sur l'un des livres saints, qui peut aussi bien être le Coran. Pour ceux qui n'ont pas de religion mais qui croient en la transcendance, critère d'admission indispensable, il y a même... un livre blanc, vierge de toute écriture S. C.

Interview Alexandre Adler, Journaliste et historien

Le Point : Alexandre Adler, vous avez écrit sur les sociétés secrètes. Que savez-vous et que pensez-vous de cette société discrète qu'est la franc-maçonnerie ?

Alexandre Adler : Je suis moi-même franc-maçon depuis 2000. Un très mauvais maçon, d'ailleurs, car je ne suis pas assez assidu. Je suis entré à la GLNF parce que l'un de mes meilleurs amis, un médecin, m'y a entraîné.

Comment un esprit libre comme vous supporte-t-il d'être engoncé dans le rituel d'une loge, qui plus est à la GLNF, une obédience « de droite », c'est assez inattendu !

Je trouve l'histoire de la maçonnerie très émouvante, parce qu'elle agrège et transmet l'accumulation d'expériences de nombreuses sociétés qui depuis le Moyen Age ont pensé contre l'orthodoxie. Les francs-maçons ont donc joué un rôle très important dans l'édification de la liberté humaine. Et puis la GLNF est beaucoup moins à droite que vous semblez l'imaginer. La sensibilité de la plupart de ses membres sur les grandes questions de société est très ouverte. Ils sont anti-FN, antiracistes, favorables à l'avortement et à l'égalité hommes-femmes... Ce sont des gens comme eux qui ont préparé l'avènement de Sarkozy. Ils aimaient bien Léotard en son temps, par exemple. Ils illustreraient assez bien ces fortes paroles d'un sénateur de la IIIe République : « Toutes mes idées ont été fondées par la gauche, puis l'expérience m'a conduit au centre avant que le malheur des temps m'oblige à siéger à droite. » C'est le Grand Orient qui est politisé, selon une rime riche : SFIO, FO, GO.

Vous êtes sûrement un peu de parti pris. Il y a quand même plus de membres de la GLNF ou de la GL parmi les proches du pouvoir quand le pouvoir est à droite...

Non, il y a de toutes les obédiences. En revanche, les réseaux de gauche sont presque tous, c'est vrai, au GO.

Tous les hommes de pouvoir ont des frères dans leur entourage. Mais, en général, ils ne sont pas eux-mêmes maçons. Pourquoi ?

L'Ena a été la grande revanche du parti catholique, puisque son enseignement repose sur la discipline des bons pères : la maîtrise de l'oral et le conformisme. Il y a certes des énarques francs-maçons, mais dans une proportion moindre que parmi les avocats, les médecins, les policiers ou les gendarmes. C'est pourquoi la franc-maçonnerie a été frappée d'un déclin relatif au début de la Ve République. Depuis 1958, un seul Premier ministre était, selon certains, franc-maçon : Pierre Messmer, ce qui cadrerait bien avec son passé dans l'administration de l'outre-mer.

Et aucun président ?

Mitterrand avait des amis maçons comme Charles Hernu, qui n'exerçaient pas une grande influence sur lui. Chirac, malgré l'appartenance de son grand-père, tout comme il aime les juifs mais déteste Israël, a beaucoup d'amis maçons mais n'aime pas la maçonnerie. Curieusement, c'est Giscard qui s'y est le plus intéressé. Il avait demandé à son conseiller Victor Chapot de le faire initier. Cela n'a pas été fait, mais l'intention a existé. Peut-être était-ce pour Giscard une manière de rompre avec son père et ses manières dévotes.

Et le président actuel ?

Pour lui, c'est une clientèle comme une autre. Et il est de son époque, il n'a pas la tête métaphysique.

Existe-t-il, à la GLNF, des loges « chics » où l'on se retrouve entre membres de l'élite ?

Oui, mais je ne les fréquente pas. Cela existe, je crois, dans toutes les obédiences, alors que c'est profondément contraire à l'esprit de la maçonnerie. Mais il ne faut pas y voir un danger véritable. Dans un Etat fort, une loge qui réunirait des conseillers d'Etat, des inspecteurs des finances, des patrons de banque, des officiers supérieurs et des membres de la DGSE ne resterait pas longtemps ignorée du pouvoir...

Pourtant, en Italie, la loge P2 a bel et bien existé...

Certes, mais il s'agissait d'une période troublée. Et puis, au début de sa création, la loge P2 n'avait rien de subversif. Elle avait été créée à la Belle Epoque par Giosue Carducci, un écrivain prolifique qui fut ministre de l'Education, pour que des personnalités en vue puissent se réunir tranquillement afin de maintenir une Italie laïque et libérale. La dérive mafieuse n'intervint que beaucoup plus tard, avec la reprise par un authentique fasciste, un aventurier nommé Liscio Gelli. On a beaucoup dit qu'il existait en France une loge P1 et en Espagne une loge P3 du même acabit. Mais je pense que, même si elles ont existé, même brièvement, elles n'avaient pas une matrice maçonnique. Car, avec le temps , le secret est impossible à garder parce qu'il est une oeuvre humaine dont les rouages sont toujours faillibles. C'est juste une question de temps... Propos recueillis par s. c.



mercredi 3 décembre 2008

Geert Wilders, l'Europe & l'islam - entrevue par Robert Spencer

Geert Wilders, héros de la résistance européenne à l'islamisation


Au nom de la liberté d'expression, le site d'hébergement du film de Geert Wilders a censuré son film. On remarquera que les flots de haine musulmane sont disponibles sur google et autres hébergeurs de vidéo...



(tuyau Christophe B.)



Vidéo 1ère partie :

http://www.jihadwatch.org/archives/022975.php

texte 1ère partie :

Unofficial transcript of Part I

Robert Spencer: Robert Spencer here for Jihad Watch. I very happy to be here this morning with Geert Wilders, the Dutch Parliamentarian and producer of the celebrated film FITNA which depicts various verses of the Qur'an and Muslims acting violently upon it. FITNA of course has become the center of an international effort led by the Organization of the Islamic Conference to outlaw criticism of Islam. And so, the first thing that I would like to ask you is, what were your intentions in creating this film? Did you want to insult Muslims and hurt their feelings?

Geert Wilders: No, Robert. My aim was certainly not to provoke Muslims or to get international stir up problems whatsoever. I remember very well last year first I started by writing an article in one of the major Dutch newspapers about the threat of the Islamization of our culture and what I thought that the Qur'an represented. Then, afterwards, we had, I initiated a debate for the Dutch prime minister about the same issue. And I thought, well, not everybody is looking at the CSPAN of the Netherlands at all the Parliamentary debates, not everybody is reading the newspapers, so how do I get my message more clear about what I see that the threat contains and what the Qur'an really stands for. It was not made as a provocation or whatever. It was made by a politician who of course is not a film maker, but still found the obligation to educate the people in the Netherlands and maybe even abroad about what the Qur'an really stands for. In order to achieve that I made a choice not use any actors because then anybody could say well look this guy is playing with the facts. So I used with the help of some people who know even more about the Qur'an than I do. I chose certain verses from certain suras and I used real images to combine with those verses.


Robert Spencer: Excellent, yes. I noted myself that the film merely shows Qur'an verses and then Muslims in some cases actually quoting the same verses in order to incite people to violence. And I felt that it was extremely ironic, in light of that, that anyone would think that the film itself was hateful or violent except in so far as it depicts Muslims being hateful and violent on the basis of these Qur'an verses. And I wondered if you thought that was any . . .what has your reaction been to the reaction to the film in . . . when people say that it is hateful and violent and trying to incite people against Muslims.

Geert Wilders: Well, I fully subscribe to what you said, Robert. I mean, if there would be any hatefulness or blasphemy whatsoever as part of my short film FITNA, it's the responsibility of the people acting in it. The people acting in it are in fact Muslims doing the most terrible things. So, it was very strange to see that a lot of countries from Saudi Arabia to Iran, from Jordan to Lebanon, they all complained in the most terrible way and said well this is blasphemic and is insulting our Islam. Al Qaeda sent the most terrible threats to me personally but also to the Dutch troops in Afghanistan. Whereas, more or less, they made FITNA. They are FITNA. They made it. I mean they are my actors. So if anybody is to blame for this, it's them. It's not me.

Robert Spencer: Absolutely. What do you think are the chances however, on the basis of this claim that Muslims are being insulted by this film that the European Union will act to restrict the possiblity of such films being made in the future?

Geert Wilders: Well, I think this is a real example of the dhimmitude of the West of the European Union . Not only the European Union, the United Nations. And if possible, thats only worse, its even worse. I think if we would abolish the United Nations or put the general assembly in Mecca somewhere it would not really change so much as it is today. It's very sad that when it comes to being . . .we are not talking about Geert Wilders or FITNA. We are talking about freedom of speech for everybody. I mean, this is at stake here. I'm totally unimportant when it comes to the whole picture of freedom of speech. This is the first, not even the first, this is the second or the third step that politicians who are not that brave to stand up and say come on to whatever criticism you can have. It's somebody. We're a democracies. If somebody is acting within the boundaries of our laws, within the rule of law, nobody, no country, no Arab country, no United Nations, no European Union can stop exercising their freedom of speech. They are doing that now. It's pure dhimmitude. I remember very well when the Dutch government, the Dutch foreign minister went to the middle east , he went to Damascus. He saw a cleric, the minister of foreign affairs of Syria. He said, well, Sirs, there will be in the coming few months, there will be a movie FITNA and it's totally, we are totally objecting the content of the movie. Whereas, he didn't even see one second. He didn't know anything about the content of FITNA. This is even worse than dhimmitude. This is going on their knees and giving in/giving up. This is appeasement policy. This is like a lot of Chamberlains in the beginning of the twenty first century.



Robert Spencer: If the European Union does pass freedom of speech restrictions, what do you think will be the reaction in Europe? Will there be a popular protest against this or have things progressed to the point where if such a measure does become law that there would be general acquiescence ?

Geert Wilders: Well, I think that it's very hard. I think that if the public really knows what is happening they will not like it. There will be a popular reaction. However, as so often when it comes to UN resolutions or European guidelines, people don't know. They find out when it's too late. And this process of course has not started today. You see in every aspect of our life. In the way we give in to Islamization of our societies whether its in halal food or whether it is in not talking about educating our children in some schools about the Holocaust because we could offend Muslims. When it is as last week, people are almost stabbed to death in the streets of Brussells because they were drinking water during the Ramadan and Muslims are offended. I mean, this is one of the many steps that proves the Islamization and deterioration of what I call our dominant Christian Judeo culture that should be. That should be there. That we should be proud of and fighting for. And so that could be the reaction to answer your questions. However, if you look at the political context in Europe today, and it's not only the political leaders also ninety percent of the mass media which is very leftish and very liberal. If you today, in Europe, this is how far unfortunately we are gone already. If you, today, criticise it, and you say well, this is because of people from Muslim countries complain or you are giving in or playing a dhimmi, then you are most often labled as a racist or a xenophobe even when you are not. So, its not only like here in the United States that Muslim people are suing people now - it's a kind of self censorship. Because, in a way, if you say anything critical about what you are just talking about then you're immediately you are a racist. People don't want to be called and don't want to be seen as a racist. So this makes it very difficult for a real strong popular reaction to come out.


Vidéo 2ème partie :
http://www.jihadwatch.org/archives/022985.php

texte 2ème partie :

unofficial transcript of above video (Part II):


Geert Wilders: You are immediately, a racist. And people don't want to be called and don't want to be seen as a racist. So, this makes it very difficult for a strong popular reaction to come out.



Robert Spencer: I think this is something that you and I have shared. That we both have been labled this, been called this many times. What is your response to people when they say to you that FITNA is racist, or Wilders is racist. . .how do you respond?

Geert Wilders: Well, I always respond by saying that I think that they are not only very very wrong but it's insulting. You can. . . you don't have to like what I'm standing for. You can vote for another party. You can say that well this is a crazy guy . . .whatever. People are free to think and do what they like. But, I am anything but a racist. I'm a democratic politician in all my feelings. I fight within the rule of law everyday again in Parliament for my proposals. If they are rejected, I accept it and I try again tomorrow. I have nothing against anybody on the basis of race, whatever color they have, whatever sexual preference they have. I don't even have anything against Muslims. Muslims are equal to anybody. I have nothing against them. However, I have a problem with the ideology. So you should make, and I always do that in my Parliament. You should make a distinction between the Islamic ideology - which is very bad indeed, you know that better than I do - and the people. The majority of the Muslims in Europe are not criminals or are not terrorists. However, even by saying that, we should stop the immigration because even though those people are not criminals, if we have more immigration to western Europe, our culture will change, and unfortunately, not for the better. Racism has nothing to do with that if Muslims are integrating and assimilating in my country. They are equal as anybody else.



Robert Spencer: Of course. Yes, you say, speaking about immigration, it might be useful to ask you if the Dutch government has any mechanism, whatsoever, to try to distinguish between Muslims who are bringing the Islamic supremacist ideology and hoping to impose Sharia ultimately upon the Netherlands, and Muslims who are interested in assimilating? Are they even making any attempt to distinguish between the two of them?

Geert Wilders: No. Really, not. The only attempt they do, but it's a really different cup of tea. . .they ask people to go to a course in order to not only to learn the language but to get acquainted with the values of the Netherlands. But then again, last year we spent hundreds of millions of Euros in order to achieve that. But the classes are empty. Two thirds are empty because they are not attending. Why are they not attending? A) because they are not interested. B) because there is no penalty if they don't come. We are not saying that well, you are , we spend a lot of taxpayers money for you to integrate in our society. You are welcome to do that. But if you don't come, please leave our country. We are not doing that. so there is no incentive at all to go. Then again, I think, and I will be in favor now after all the problems that we have and the demographical problems that we face, that there should be a full stop, at least for a couple of years when it comes to the immigration from Muslim countries. Because I believe that, and you know the word taqiyya. When I was still at primary school, but you know what taqiyya means. It means that even though, there is no mechanism. Muslims can, I'm not saying they all do, but they can lie and they can be politically correct. But I'm very sure that if their numbers grow, and they will, but not even become 51%, but even a majority, and you know there have been studies where countries being compared where the Muslim population was 15, 20, 25, 30%. Even if they are not a majority but as they become stronger, they change their tune and the Islamization will be very hard to be returned to what we have today.

Robert Spencer: Quite so. We're already seeing that. You mentioned a little while back, Islamization and the demands for accomodation. We are seeing those increasingly in the United States. They've actually stepped up markedly just over the last couple of years. I have been reporting on them . For example, people saying in the Swift meat packing plants in Nebraska and Colorado that they, the Muslims saying they will not take their breaks at the ordinary time. They demand that the break schedule be changed so that they can stop work and break the Ramadan fast. The meat packing plant was happy to accomodate them but then the non-muslims protested and said that this meant they had to work longer hours. They were being put at a disadvantage vis a vie the employees. Now, my question is, the reaction to my reporting on some of these stories has been people saying that this is just hysteria. That it's hysteria if not something worse. It may be racism or bigotry. Here again, there are reasonable accomodations given to all sorts of groups. Orthodox Jews had won permission to wear the kippah in various circumstances, in various professional activities. Why should it be any different to grant a few cultural accomodations to Muslims. They say if somebody opposes this from Muslims, while favoring for Jews or other groups, then obviously there is something there that has to do with simple Islamophobia and nothing else.

Geert Wilders: Well, I believe it has nothing to do with Islamophobia. First, I believe it is very important to say that, we should, the biggest disease in Europe today , Robert, is a lethal disease, is called 'cultural relativism'. This is the first thing that we should fight and go to the doctor for and find a good prescription, by most political elite. People tend to say out of political correctness or post colonial guilt or whatever reason that the Islamic culture is the same as the Jewish or the Christian culture and tradition. But this is so wrong. This is not true. It's not even a real class of civilizations. I subscribe to what the brave woman, Wafa Sultan, said about this. She said its not even a clash of civlizations. It's a clash between rationality and barbarism. Backwardness. One difference as well is that Islamization. Islam comes to the West, not to assimilate, to integrate. This is a mistake that many people, also in my country make. And if you go out of the idea that people are here to assimilate, why should you not give them a holiday or let them work earlier or whatever. But this is not the truth. They are here to submit us. They are there to over rule us . They are there to change the whole country into their system. Islam knows nothing but Islam and it has no place for anything else but Islam. If we would accomodate it, and let me tell you, it will be not just one step. The day after we give them a public holiday, compulsory halal food in schools, the next day it will be something else. And the day after, it will be something else again. And this is very bad. I'm very disappointed in my own country, we have a cabinet member, she's from a Christain party, the Christian Union party, and she said publicly she could imagine that the end of the ramadan would be a national holiday in the Netherlands. Can you remember a Christian member of the Dutch cabinet. There was an enormous public outrage. I was happy that she said it even if it was stupid because it showed that the people are increasingly fed up by the accomodation and the appeasing of the Muslim minority and more important, the culture. It's to describe this. This is, at the end of the day, Islam will destroy everything that we stand for. And the more that we accomodate them, the less we will get in return. I'm sure of that.




Gros bobard habituel pour dédouaner l'islamo-fachisme : on aime taxer le christianisme de soutien au nazisme. Or, Hitler voulait aussi détruire le christianisme. Et ce sont des bataillons SS musulmans qu'il a eu pour le servir, pas des bataillons chrétiens.. Ca n'enlève en rien au fait qu'il y a bien eu des hauts prélats catholiques qui ont soutenu Hitler, que certains d'entre eux au Vatican ont aidé des nazis à s'expatrier à la fin de la guerre vers l'Amérique du Sud. Mais ces hauts dignitaires-là étaient-ils vraiment catholiques? Car l'habit ne fait pas le moine.. Tandis que la doctrine hitlérienne est limpide : comme celle de Lénine, le christianisme était la cible ultime..


Hitler and Christianity
http://www.thenewamerican.com/history/european/271-hitler-and-christianity

Long ago, during the darkest chapter of the 20th century, a movie was released entitled Hitler’s Children. While the film is virtually forgotten, I cannot forget a certain scene involving some words a Nazi official uttered to a dissident, a heroic Catholic bishop. Dripping with contempt, the officer said (I’m paraphrasing), “In a few years, the churches will be empty.” It was a thought he obviously relished. Ah, Hollywood and its fiction … or, is this a snapshot of history, a rare case in which Tinseltown’s art imitated life?

For many people, such a question seems rhetorical. They “know” Nazism was disgorged from the mouth of Christendom and that, it’s safe to say, every official in the Third Reich was baptized as a child. (Of course, the atheistic creed of communism was also born in Christendom, and baptized also were militant atheists Madalyn Murray O’Hair, Christopher Hitchens, and Richard Dawkins, and author of The Satanic Bible, Anton LaVey.) As for Hitler’s Children, released at the height of WWII, it could have been propaganda designed to convince a primarily Christian nation that it had a vested interest in victory.

As it turns out, and not surprisingly, moviemakers and others who braved the stormy days of our clash with fascism were far better acquainted with it than the revisionist historians who peddle the Christianity-birthed-Nazism narrative. What was it they knew? It was that the Nazis were not one of the fruits of Christianity, but of its rejection. The Third Reich sought to replace the ancient faith with a neo-pagan “religion of the blood” with Adolf Hitler as the godlike figure at its heart. For they realized Christianity would ever be an impediment to their aims and knew that, ultimately, it had to be destroyed.

Hitler’s Final Solution for Christianity

While this fact is well documented, the lie peddled in its stead has proved harder to sink than the Bismarck. But about six years ago came a godsend in the form of papers and the person of Jewish attorney Julie Seltzer Mandel, a woman whose grandmother was a survivor of the Auschwitz concentration camp. While a law student and editor of the Nuremberg Project for the Rutgers Journal of Law and Religion, Mandel gained access to 148 bound volumes of rare documents — some marked “Top Secret” — compiled by the Office of Strategic Services (or O.S.S., the WWII forerunner to the CIA).

After scouring the papers, she published the first installment of them in 2002, a 120-page O.S.S. report entitled “The Nazi Master Plan: The Persecution of the Christian Churches.” Reporting on these O.S.S. findings in the Philadelphia Inquirer, Edward Colimore wrote: “The fragile, typewritten documents from the 1940s lay out the Nazi plan in grim detail: Take over the churches from within, using party sympathizers. Discredit, jail or kill Christian leaders. And re-indoctrinate the congregants. Give them a new faith — in Germany’s Third Reich.” He then quotes Mandel: “A lot of people will say, ‘I didn’t realize that they were trying to convert Christians to a Nazi philosophy.’... They wanted to eliminate the Jews altogether, but they were also looking to eliminate Christianity.”

Without a doubt, Hitler often made vile anti-Christian statements. For instance, according to Allan Bullock in his book Hitler: A Study in Tyranny, Hitler once hissed, “I’ll make these d**ned parsons feel the power of the state in a way they would have never believed possible.... This filthy reptile raises its head whenever there is a sign of weakness in the State, and therefore it must be stamped on. We have no sort of use for a fairy story invented by the Jews.” Bullock also reports that Hitler said, “The heaviest blow that ever struck humanity was the coming of Christianity.... The deliberate lie in the matter of religion was introduced into the world by Christianity.” (Bullock derived both quotations from the book Hitler’s Table Talk.)

Seeming Contradiction

While this is convincing, a seeming contradiction must be explained, one that provides ammunition for Christianity’s critics. Although Hitler did make virulently anti-Christian statements, he sometimes made pro-Christian ones and appeared as a man of faith. For instance, in a 1934 speech in Koblenz, Hitler said, “I know that here and there the objection has been raised: Yes, but you have deserted Christianity. No, it is not that we have deserted Christianity; it is those who came before us who deserted Christianity.... National Socialism neither opposes the Church nor is it anti-religious, but on the contrary it stands on the ground of a real Christianity.” In an April 12, 1922 speech published in My New Order he said, “My feeling as a Christian points me to my Lord and Savior as a fighter.” Then, portraying himself as a defender of the faith in a 1933 Berlin speech, he said, “We were convinced that the people needs and requires this faith. We have therefore undertaken the fight against the atheistic movement, and that not merely with a few theoretical declarations; we have stamped it out.”

There are many other such pro- and anti-Christian Hitler quotations (and no small number of bogus ones, I might add), all existing within a maelstrom of fierce debate between Christians and atheists about Hitler’s worldview. So how do we reconcile these contradictory statements? The O.S.S. report provides the answer. Columnist Joe Sharkey wrote about the relevant passage in the New York Times:

According to Baldur von Schirach, the Nazi leader of the German youth corps that would later be known as the Hitler Youth, “the destruction of Christianity was explicitly recognized as a purpose of the National Socialist movement” from the beginning, though “considerations of expedience made it impossible” for the movement to adopt this radical stance officially until it had consolidated power.

Really, this is just common sense. Hitler was many things, but a clumsy politician was not one of them. He knew that until he had “consolidated power,” he would have to erect a façade for a Christian people and the Church; this is probably why virtually all his pro-Christian statements were rendered publicly and before he had closed his iron fist around the German neck. In contrast, his anti-Christian vitriol was spewed privately — and, it seems, with great passion — and often after he achieved absolute power, when he could bear his dark soul with impunity.

Moreover, when analyzing this, it’s easy to understand the political benefit derived from pandering to Christian masses, for if he inspired their opposition while seeking power, personal glory would have eluded him. But what political end was served by impugning their faith? What reason could he have had to utter such things unless … unless he meant them? And does this really surprise anyone? Politicians are like water, taking the shape of the vessel in which they find themselves.

Then, I would call attention to Hitler’s talk of a “real Christianity.” Hitler was referring to the Nazis’ effort to co-opt the faith, with a perversion they called “Positive Christianity.” This involved, among other things, the idea that Jesus was a member of the Nordic race who battled Jews. Moreover, it was contrasted with “Negative Christianity,” which is what the Nazis called the age-old doctrines of the Protestant and Catholic churches. Despite this, some atheists will still claim that this profession of “faith” made Hitler a Christian. But as dignitaries of the German Evangelical Church said in 1936 (as presented in the Time magazine article “Churchmen to Hitler” on August 10 of that year), “Nazi spellbinders use the terms positive and negative Christianity ‘in the manner in which the truth is withheld from a person who is ill’ — i.e., to mask the Government’s real efforts ‘to deChristianize the German people.’”

Many atheists will also wonder why Hitler went out of his way to attack atheism. And, undoubtedly, he did often rail against it with a bishop’s zeal. But this is easily understood. In their battle for primacy in Weimar Germany, the Nazis were vying for power with the communists, who were avowedly atheistic. Now, against the backdrop of a wounded nation with a listing economy and hyperinflation, Marx’s message held appeal for many. Thus, the best way to defeat these foes was to attack their Achilles Heel: their godlessness. For the post-World War I Germans were a needy people, a hungry people, but their churches were not as empty as their stomachs. Truly empty, though, is the fancy that Hitler’s lip service to Christianity had to mean he didn’t attack the faith. It is like assuming that the Hitler-Stalin Pact means he didn’t attack the Soviet Union.

Then we have the matter of Hitler’s disdain for Charles Martel. Martel was a storied Germanic (Frankish) leader of the Middle Ages, a hero, a warrior, a man many consider to be that era’s greatest general. As such, you might expect Hitler to have held him in high esteem. But Martel did something that, in the eyes of the Fuhrer, was unpardonable: he saved Christendom from extinction.

The year was 732 A.D., and Islam, born a mere century before, appeared an unstoppable force. After conquering the old Christian lands in the Middle East, North Africa, and Iberia (present-day Spain and Portugal), the Umayyad (the first dynasty of the Muslim Caliphate) was plowing through France. Then came October 10 and what historian Edward Creasy characterizes as one of the 15 decisive battles of the world, the Battle of Tours. Outnumbered and outmatched in weaponry and confronted with what was thought an impossible task at the time — for infantry to resist armored cavalry — Martel stopped the Muslim march into Europe cold. Yet Hitler took a very dim view of the triumph. Addressing this in the Brussels Journal, Paul Belien wrote:

“Had Charles Martel not been victorious,” Hitler told his inner crowd in August 1942, “then we should in all probability have been converted to Mohammedanism, that cult which glorifies the heroism and which opens up the seventh Heaven to the bold warrior alone. Then the Germanic races would have conquered the world.” Hitler told Albert Speer that Islam is “perfectly suited to the Germanic temperament.” If the Muslims had won in Tours, the whole of Europe would have become Muslim in the 8th century and “the conquering Arabs, because of their racial inferiority, would in the long run have been unable to contend with the harsher climate and conditions of [Europe]. They could not have kept down the more vigorous natives, so that ultimately not Arabs but Islamized Germans could have stood at the head of this Mohammedan Empire.”

It is not surprising that a warrior such as Hitler would reject Christianity, for it is not a warrior creed. Its teachings run counter to the urgings of the flesh, to the desire for glory, vengeance, and power. For instance, one of its enduring images, of Jesus entering Jerusalem on a donkey, holds no appeal for those who crave the sword. This is why many in biblical times rejected Jesus as Lord, as they expected a king leading legions that could deliver them from their Roman oppressors. It is why, later on, those Romans worried that acceptance of Christianity would feminize their troops. And, it is why, 1,500 years thereafter, Hitler realized that the Holy Spirit could slay his spirit of conquest.

Of course, this is not to say that Hitler was prepared to pray toward Mecca. Nor do I say he was a conventional atheist — or that he was not. What does seem certain is that he viewed religion as a device. As he said in chapter 10 of Mein Kampf, “And yet the great masses of a nation are not philosophers. For them, faith is the only basis of morality. Until a substitute be available, only fools and criminals would think of abolishing religion.” This is a very telling statement, bespeaking of a man who lacks belief in religion but has great belief in its utility. After all, a person of faith holds that his religion reflects Truth and thus wouldn’t dream of abolishing it. But Hitler was no Karl Marx; he obviously felt the “unwashed masses” needed this opiate, at least until a substitute could be provided. Not only that, it seems he was intent on prescribing a designer drug.

In chapter five of Mein Kampf, Hitler spoke of this utility of faith, saying, “Nearly all attempts to exterminate a doctrine and its organizational expression, by force without spiritual foundation, are doomed to failure.” While he was not addressing the destruction of Christianity when making this observation, it is certain the Nazis applied this principle to that dark endeavor. For sure, unlike the communists, Hitler was too clever to suppose he could simply replace Christianity with the state; something more suitable was needed. Jehuda Bauer, professor of Holocaust Studies at Hebrew University in Jerusalem, reveals what it was in his piece “The Trauma of the Holocaust: Some Historical Perspectives”: “They [the Nazis] wanted to go back to a pagan world, beautiful, naturalistic, where natural hierarchies based on the supremacy of the strong would be established, because strong equaled good, powerful equaled civilized. The world did have a kind of God, the merciless God of nature, the brutal God of races, the oppressive God of hierarchies.”

This pagan orientation is no secret; it has been noted by many and was reflected in the Nazis’ most obvious symbols. The swastika, for example, is a pagan symbol whose consistent use dates back to Neolithic India (an area now part of Pakistan) and which is considered sacred in Jainism, Hinduism, and Buddhism. The Nazis also made wide use of what are known as “runes,” symbols in ancient Germanic alphabets used for casting spells, divination, and invoking magical spirits. Members of the SS attended classes wherein they were taught the meaning of the runes, and many Nazi organizations had their own special rune. For instance, we have all seen the two crooked S’s of the SS; they are actually “Sig-Runes.” Some other runes used by the Nazis were the Hagall, Tyr, Leben, Toten, Odal, and Eif runes.

Religion of the Blood

Of all the Nazis, none was more enamored of this paganism than Heinrich Himmler, head of the SS, second most powerful figure in Germany for much of the war and the man who ordered the deaths of millions in concentration camps. A devoted occultist, Himmler was taken with Hinduism’s rigid caste system and teaching on reincarnation, and he traveled with a copy of the Bhagavad-Gita; he launched a mission to locate the “Aryan Holy Grail,” believing it would bestow supernatural powers; and he had his own personal occultist, Karl Maria Willigut, who thought himself descended from the Norse god Thor and was called “Himmler’s Rasputin.” Himmler was also the chief architect of the new German religion.

This faith that was to supplant Christianity was a “religion of the blood,” an amalgamation of ancient pagan elements with a pungently racial flavor. It had been advocated by Nazi Commissioner for Philosophy and Education Alfred Rosenberg, an occultist who wrote the book Laying Out the Tenets of the Nazi Religion. Mark Weitzman, director of the Simon Wiesenthal Center, explains the Nazi conception of this religion in the documentary Nazis: The Occult Conspiracy (note: all the experts cited here on rendered their commentary in that work): “He saw blood, particularly in a religious sense, as the determining factor. In other words, a church had to be a church of the blood, rather than a church of faith or a church of belief. The blood tied together the Nordic races. So for Rosenberg, the blood, racial stock, racial identity, became the keynotes of this new ideology.”

Yet it gets stranger. The documentary also tells us that some Nazis believed they were descended from a race of Aryan god-men who fell from grace “through evil and vice”; a flood then “wiped these beings off the face of the earth,” except for a few who found their way to India and the high peaks of Tibet. They then mated with inferior races, thereby rendering their blood impure and losing their great powers.

To call these beliefs outlandish is an understatement, and to claim every Nazi subscribed to them would be overstatement. Propaganda minister Joseph Goebbels, for instance, only seemed to value pagan lore as a propaganda tool, and it’s unclear to what extent Hitler embraced it. Yet certain Nazis, most notably Himmler, were so devoted that they actually launched expeditions to Tibet to find the descendants of these Aryan god-men. They endeavored to prove their theories and, through multigenerational selective breeding within an elite genetic pool, expedite evolution and recreate the Aryan superman.

While the Nazis never succeeded in replacing Germans with improved versions, they were in the process of replacing elements of Christianity. In order to inure the citizenry to the religion of the blood, elements of it corresponding to those of Christianity were introduced. Mein Kampf replaced the Bible in schools. The Nazis had their martyrs, the 16 men who died in Hitler’s failed 1923 coup attempt; the “Temple of Honor,” the shrine in which the martyrs were interred; an annual religious-like ceremony in their honor; and the Rite of the Blood Flag (a Nazi flag stained with the blood of those martyrs, blood which Hitler called the holy water of the Third Reich). SS soldiers even supplanted priests and ministers and presided over some marriages and used the Tyr-Rune as a grave marker in place of the Christian cross. Then, author on grail mythology John Matthews revealed, “One picture we have shows a full tableau of such a … Hitler shrine for the purpose of baptism of infants, an SS altar in place of a crucifix; a picture of Hitler and the babe would have been presented, if you like, into the community of Germanic warriors through this kind of tableau.”

Then, the Nazis sought to reverse what the Church accomplished more than a millennium before. As history professor Dr. George Mosse put it, “People need festivals to mark the year and they [the Nazis] tried to substitute the pagan festivals for the Christian festivals and shaped them in their own image.” And, of course, at the center of this spiritual coup was Hitler, the man who would be God.

Having said all this, some will still not be convinced of the Nazis’ anti-Christian neo-paganism. Old prejudices die hard — new ones do, too. Yet it is no secret to scholars, be they Hitler’s contemporaries or ours. In 1937, Pope Pius XI called Nazism “aggressive paganism,” and, in our age, the World Jewish Congress averred, “It is true that the National Socialist regime adopted a pagan ideology which rejected the Church.” So why the revisionist history? The obvious answer is that this is a front in the overall war against Christianity. Yet it isn’t just any front.

More than any other historical figure, Hitler is viewed as the devil incarnate, the embodiment of evil. To portray the Nazis correctly — as a foe of the Church, one the Church engaged in spiritual battle — would have had two effects. First, it would have made Christianity the white knight in the darkest of man’s chapters, thereby giving it ironclad credibility. Then, since the left is also a foe of the Church, it would have made the left and the Nazis, at least in terms of spiritual foundation, appear as allies. And with the culture war starting to become red hot, the left could ill-afford such guilt by association. The Nazis, therefore, were not to be thus portrayed; they couldn’t be. It is ironic that the very people who accuse the Church of philosophical kinship with the Nazis have themselves, in their effort to establish that link, embraced that infamous principle of Hitler’s propaganda minister, Joseph Goebbels: “If you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it.”

And what of Hitler’s faith? Well, believe it or not, a little understanding of man’s nature is far more instructive than testimonials and intelligence reports. As that overrated philosopher and great influence on Hitler Friedrich Nietzsche so famously said, “If there were gods, how could I endure it to be no God! Therefore there are no gods.” When the ego consumes the heart and soul and a man is too busy looking down on others, he does not look up and see that to which he pales. This brings to mind a certain song children might have sung in the Third Reich, one containing a very sad line: “Hitler is our Lord.” I think he was his own as well.

lundi 1 décembre 2008

Démocratie et despotisme

"En Union Soviétique on disait 'taisez-vous!'
En France sarkozyste on dit 'cause toujours!"

"Presque toujours en politique, le résultat est contraire à la prévision. Rien de plus dangereux, de plus insuffisant, de plus inapplicable aux affaires générales, que les résolutions particulières à des individus ou a des corps, alors même qu'elles sont honorables."
Chateaubriand, Livre 9 Ch. 3 des Mémoires d'outre-tombe.


"N'avez-vous par remarqué combien régulièrement, dans l'histoire, la démocratie a tourné au despotisme? On parle alors de la décadence de la démocratie. Et il n'y a là que son accomplissement. (..)
Les vieux républicains fondaient la démocratie sur cete idée que tous les hommes sont également intelligents. Mais croyez-moi, la saine et durable démocratie est basée sur le fait que tous les hommes sont également idiots."
Gilbert Keith Chesterton


(il est cocasse de constater que l'éditeur de cette revue américaine ait oublié dans sa série de titres de nommer son président bien-aimé, G. W. Bush, fameux despote violeur de Constitution s'il en est..)

"Le despotisme héréditaire est dans son essence démocratique. S'il ne proclame pas que tous les hommes peuvent à la fois gouverner, il proclame ce qu'il y a de plus démocratique aussitôt après, c'est que n'importe qui peut gouverner. En tout cas, tout plutôt qu'un dictateur élu (et élu inévitablement pour ses qualités, etc.)"
G. K. Chesterton, "petit dictionnaire raisonné" (par Ph. Maxence)